Turcs de Belgique : une colère nationaliste spécifique ?

Pierre Vanrie

Les scènes d’émeutes qui ont secoué Saint-Josse
à la fin du mois d’octobre 2007 où l’on a vu de
jeunes Turcs prendre d’assaut un café arménien,
l’ambassade des États-Unis et l’hôtel de ville
de Saint-Josse, molestant sérieusement au passage
le journaliste indépendant Mehmet Koksal,
constituent un phénomène qui a pu surprendre.
Comme tout phénomène social, il est complexe
et ne se laisse donc pas appréhender par une
explication monocausale. Ces événements s’expliquent
sans aucun doute pour une part par le
climat social qui voit des jeunes, en l’occurrence
d’origine turque, être confrontés quotidiennement
à des difficultés d’intégration et tout particulièrement
à la discrimination. Ce climat social
commun à de nombreux jeunes d’origine étrangère
se conjugue toutefois dans ce cas-ci à une
spécificité turque marquée par deux traits particuliers
 : une population vivant majoritairement
dans un même quartier situé entre Saint-Josse
et Schaerbeek et qui est en outre globalement
originaire de la même région de l’ouest de l’Anatolie,
centrée autour de la petite ville d’Emirdag.
Retour sur ces événements pour tenter de les
décoder à froid.