Tatouage et piercing. Le corps, accessoire identitaire ?

Anne-Catherine Lacroix

On les imagine jeunes, un peu délurés même et on constate qu’ils peuvent friser la quarantaine et retirent leurs piercings quand ils se rendent au travail. Le tatouage et le piercing ont traversé le temps et l’espace, ils sont accessibles à tous et prisés par des hommes et des femmes de tout âge et toute origine sociale, culturelle. Dans les sociétés occidentales d’aujourd’hui, le succès sans cesse croissant de ces pratiques ne peut que questionner. A l’heure où la consommation de masse uniformise les comportements à l’égard d’autrui et pénètre dans l’intimité de chacun, le piercing et le tatouage s’agrippent, parfois à jamais, une multitude de corps et évoquent, au-delà des apparences, de nouveaux modes d’être. Tel un miroir, ils se font le reflet de la société tout en invitant à découvrir la place qu’y prend l’individu.