Sim avant Simenon

Théo Hachez

Avant son départ à Paris, à dix-neuf ans, Georges Simenon exerça pendant trois ans le métier de journaliste. Que retenir de cette période ? Dans quelle mesure cette expérience précoce fut-elle fondatrice ? La récente publication par Jacques-Charles Lemaire d’un choix d’articles parus dans la Gazette de Liège (1919-1922) fournit des éléments de réponse. Si on y découvre une verve inattendue, un bonheur de plume exempt de tout état d’âme, on est frappé aussi par le visage de bon petit soldat de la pensée catholique réactionnaire et antisémite qui s’y révèle. Le contexte de la rencontre du jeune Sim avec l’écriture, celui de la presse, n’est sans doute pas indifférent à la manière de l’écrivain, pas plus qu’à la construction de son personnage. Le parallèle avec un autre grand Georges, Hergé, est assez flagrant ; en période de commémoration officielle, il pose le même problème patrimonial du droit d’inventaire.