Ressources et limites des réseaux

Jean-Louis Genard

Le réseau, né dans les années septante et soixante dans le champ thérapeutique, s’opposait aux grandes institutions auxquelles était reproché de monopoliser savoir et pouvoir. L’État providence avait figé une répartition des compétences et des savoirs qui a abouti à une désappropriation des usagers : l’instituteur, le médecin... ont constitué, chacun dans un champ bien différencié, l’institution scolaire ou médicale, des figures centrales. Aujourd’hui, les acteurs se sont multipliés et revendiquent une reconnaissance de leurs compétences propres ; et, parallèlement, les savoirs se sont diversifiés. Cette évolution oblige à repenser le rôle de l’État : il doit être le garant d’un pluralisme limité. Il ne peut, en effet, être question, au nom du pluralisme, de laisser pleine liberté au marché. L’État doit assurer des missions de contrôle, d’évaluation et de définition des grandes finalités de l’action publique.