Réinventer la neutralité culturelle de l’État belge

Albert Bastenier

Comment comprendre les exigences de la neutralité de l’État belge dans la gestion des faits culturels contemporains ? À cet égard, un détour par les compromis qui furent ceux de « l’unionisme belge » en 1830 demeure instructif. Cela dans la mesure où l’exigence de la laïcité n’y fut pas totalement rencontrée et que la question linguistique y fut traitée sans esprit de compromis. On comprend mieux à partir de là en quoi le compromis est une structure constitutive de l’action politique. Et que tant le nouveau pluralisme de la société belge que l’esprit de la démocratie exigent une négociation pacificatrice loin d’être aboutie.