Réfugiés palestiniens du Liban : le peuple oublié

Frédéric Loore
Proche et Moyen-orient.

Au Liban, depuis 1948, une importante diaspora palestinienne (près de quatre-cent-mille individus), regroupée dans une douzaine de camps installés à la périphérie des principales agglomérations, ainsi qu’autour d’une quinzaine d’abcès de fixation disséminés à travers tout le pays, tente désespérément de survivre et d’affirmer son identité. Cette population particulièrement jeune et paupérisée, véritablement ghettoïsée, doit faire face au surpeuplement ainsi qu’à une situation sanitaire désastreuse, en plus d’être victime de lois libanaises qui la privent de ses droits à la citoyenneté, à l’éducation, au logement, au travail et à certaines libertés individuelles et collectives. Ce régime discriminatoire n’a visiblement d’autres buts que de dégrader les conditions d’existence des réfugiés palestiniens en vue de les inciter au départ. L’intégration des exilés palestiniens, sachant qu’ils sont majoritairement de confession sunnite, fait craindre à la société libanaise multicommunautaire l’effondrement du fragile équilibre installé entre les groupes religieux, chrétiens et musulmans, qui tiennent les rênes d’un pays disloqué par quinze années de guerre civile.