Quel crédit donner aux monnaies alternatives ?

Louis Larue

Le champ monétaire alternatif est en ébullition depuis quelques années. De nouvelles idées surgissent pour réformer un système décrit comme « instable », prompt aux crises incessantes ou encore incapable de répondre aux défis sociaux et environnementaux de notre temps. Les monnaies complémentaires ou alternatives constituent l’une des propositions les plus populaires et soulèvent de nombreux espoirs. Elles permettraient de resserrer un lien social perdu ou atténué par le « marché », tout en promouvant une économie locale plus respectueuse de l’environnement (voir par exemple Lietaer, Arnsperger, Goerner et Brunnhuber, 2012). Le présent article confronte cet enthousiasme à des considérations empiriques et éthiques. Son but n’est pas de noyer toute espérance, mais de susciter un débat utile sur le caractère désirable (ou non) de telles propositions, au-delà des premières espérances.