Quand les étudiants pensent l’université

Mathilde Collin
Enseignement-enfance.

Le mouvement étudiant, volontiers perçu comme contestataire et utopiste, a eu une influence considérable sur l’évolution des universités. Si les revendications aboutissent rarement à des avancées concrètes, il en va autrement si l’on prend la peine de voir les effets à moyen et à long terme. Les mutations actuelles sont en réalité partiellement le résultat des revendications des générations étudiantes des années soixante  : participation des forces intellectuelles à la croissance économique du pays (aujourd’hui appelée « marchandisation »), rapprochements entre universités et hautes écoles, flexibilité des parcours d’étude. Actuellement, comme d’autres mouvements sociaux, les étudiants s’engluent dans une attitude réactive, brandissant la partie non acquise des revendications héritées du début des années soixante qu’ils déclinent sous des angles multiples, et parfois nouveaux, obtenant même des avancées significatives sur certains fronts, comme la participation. Pour pertinentes qu’elles soient ou qu’elles aient été dans un contexte donné, ces avancées ne suffiront pourtant pas pour affronter les défis à venir. Une réflexion en profondeur s’impose de la part des étudiants, tant sur le projet de société qu’ils veulent pour demain que sur le rôle qu’ils jouent dans la société et, partant, sur leurs modes d’organisation.