Printemps arabe et islam : la révolution illusoire ?

Jean-Michel Corre

Les révoltes du Printemps arabe pouvaient-elles libérer les pays concernés des dictatures et du carcan de sociétés soumises à un unanimisme théorique et religieux ? Pour Jean-Michel Corre, l’analyse des faits depuis trois ans montre que, au travers des différences locales et nationales, un long travail reste à faire pour que de nouveaux rapports puissent s’établir entre religion, société et pouvoir qui respectent l’autonomie de l’individu. Baudouin Dupret ne partage pas cette analyse de Jean-Michel Corre. Pour lui, l’échec le plus patent du Printemps arabe est celui des commentateurs, qui ont substitué à l’analyse leurs propres désidératas, eux-mêmes assimilés un peu rapidement à la «  volonté des peuples  ». En réalité, dit-il, la question des relations que l’islam et le politique entretiennent est posée à un niveau de généralité et d’abstraction qui ne permet pas d’y répondre. La majorité des commentateurs ont élaboré un «  maitre-récité  » chargé de donner une cohérence à qui prétend à une vérité exclusive au détriment d’une réalité polymorphe.