Pouvoir ne pas savoir, savoir ne pas pouvoir. Une politique du signal

Christophe Mincke

Lorsque le politique se tourne vers le scientifique, c’est à l’expert qu’il s’adresse, susceptible de lui fournir des informations et des données, bien davantage qu’au savant, toujours suspect d’adopter une attitude peu complaisante. Lorsque le pouvoir se tourne vers le savoir, c’est aussi souvent pour parer son action des atours de la rationalité. Dans une politique centrée sur le signe, la figure de la science reste légitimatrice. Mais, bien souvent, le politique se détourne de la science, lui préférant un confortable bon sens que négligeraient les Nimbus enfermés dans leur tour d’ivoire. N’est-il cependant pas possible de trouver une voie qui ne soit faite ni d’isolement ni d’instrumentalisation du savoir scientifique ?