Pour une école équitable et efficace

Albert Bastenier
Enseignement-enfance.

L’aspiration à l’égalité scolaire pour toutes et tous n’est pas nouvelle et le récent « contrat pour l’école » cherche à son tour à en exprimer l’exigence. Car les blocages dans l’élévation des niveaux d’éducation suscitent d’évidentes frustrations, sans doute à la mesure des espoirs que l’on plaçait dans l’école. Toutefois, différents points de vue existent à propos de l’efficacité supplémentaire qu’il faudrait donner au système scolaire. Ce qui se comprend assez bien, puisque l’école contemporaine massifiée, qui est parvenue à accomplir sa démocratisation quantitative, n’a pas encore inventé les termes de sa démocratisation qualitative. Il s’agit donc de mettre en œuvre des politiques d’éducation qui permettraient aux victimes d’un handicap initial de le dépasser. Or, face à cet appel au dépassement d’elle-même, l’école continue d’éprouver les plus grandes peines à reconnaitre et à tirer les conséquences de la diversité des situations socioculturelles de ses publics multiples. Et on peut même craindre que, en vue de parvenir à l’idéal d’égalité, une forme d’atavisme bureaucratique et uniformisateur ne cherche à imposer unilatéralement ses vues à partir d’un décryptage trop sommaire des liens qu’entretiennent entre eux l’efficacité du système scolaire existant avec l’objectif d’égalité qui doit y être poursuivi. L’État et ses experts, parce qu’ils ne sont pas les dépositaires exclusifs de l’éducation, ne sauraient être considérés comme les seuls artisans de la réflexion à cet égard. La transformation démocratique dont l’école moderne a besoin exige donc une attention aux débats qui animent la société civile sur ce sujet.