Pilier

• le 17 décembre 2015
Belgique (België), Bruxelles (Région) / Brussel (Gewest), enseignement, partis politiques, Wallonie, syndicat, Flandre (Vlaanderen), Pays-Bas (Nederland), Pilarisation (Verzuiling).

Pilier (m) / Zuil (f)

En Belgique et aux Pays-Bas, le « pilier » désigne une organisation socio-politique civile (formelle ou informelle) indépendante de l’État (voir y opposée) rassemblant ou coordonnant verticalement les activités d’organismes philosophiquement proches (parti politique, syndicat, organisation patronale, caisse d’indépendants, mutualité, mouvement de jeunesse, réseau d’enseignement, associations de parents, etc.).

Aux Pays-Bas, la pilarisation est plus complexe (en raison du clivage protestant-catholique) et plus intense qu’en Belgique. L’audiovisuel est ainsi pilarisé entre chaines appartenant aux piliers protestant (VPRO), catholique (KRO), social-démocrate (VARA) et libéral (AVRO). Depuis le début des années 2000, cette pilarisation audiovisuelle est en train de céder la place à un réseau public classique relativement dépilarisé (ontzuild).

En Belgique, il existe 3 piliers « traditionnels » : chrétien (divisé entre gauche et droite), libéral (le moins structuré) et socialiste (le plus structuré : Action Commune ACS/SGA). Si la pilarisation n’a pas touché l’audiovisuel, le Pacte culturel (1972-1973) implique, par exemple, que les conseils d’administration de l’audiovisuel public (RTBF francophone, VRT néerlandophone et BRF germanophone) sont constitués de mandataires désignés au prorata de la représentation de leurs partis politiques respectifs dans les Parlements de Communauté.

Sortes d’États dans l’État, les piliers ont longtemps « encadré » verticalement de très larges secteurs de la société civile en dehors de l’action des pouvoirs publics. Depuis le début des années 90, la pilarisation (verzuiling) a tendance à s’estomper tant aux Pays-Bas qu’en Belgique (sauf dans l’Enseignement), selon un processus appelé dépilarisation (ontzuiling).