Notre Congo/Onze Kongo. Colour bar à la belge

Paul Géradin

À la fin de 2014 s’est clôturée une très intéressante exposition consacrée à la propagande qui a orchestré la politique coloniale belge. Peu avant avait été publié un ouvrage tout aussi remarquable sur un aspect peu exploré de la colonisation : la condition faite aux métis. Cette question particulière, mais génératrice de grandes souffrances, est un puissant révélateur de ce qu’on considère trop souvent comme allant de soi : la spécificité des relations humaines que la Belgique a nouées avec les peuples qu’elle soumettait. En aval, cette configuration, à la fois omniprésente et implicite, fut une des hypothèques qui pesèrent sur la décolonisation tardive. Et en amont, on peut se demander si elle n’était pas un décalque de l’unité fragile de la nation colonisatrice.