Merci de respecter nos convictions

Anathème • le 30 mars 2015
religion, liberté d’expression.

Nos sociétés vivent aujourd’hui des tensions particulièrement vives autour des questions de convictions religieuses. Dans ce cadre, il importe de rappeler qu’un principe gouverne de manière imprescriptible nos démocraties : la liberté d’opinion et de conscience. Contrairement aux régimes dictatoriaux et autoritaires, nos États respectent la diversité des opinions et s’abstiennent d’interférer dans les questions relevant de la liberté de pensée.

Bien entendu, une intervention des autorités publiques se justifie lorsqu’il s’agit de protéger cette liberté contre les agissements de particuliers et de groupements. Ainsi a-t-il récemment été rappelé avec force par le peuple français qu’il n’entendait pas accepter que des tueurs s’en prennent à des caricaturistes pour les opinions qui sont les leurs.
Mais ce principe trouve à s’appliquer en bien d’autres occasions, moins dramatiques qu’une tuerie à la rédaction d’un organe de presse. Le citoyen lambda, sans accès particulier aux médias, n’exerçant pas de profession publique et tenant pour lui ses opinions mérite également la protection étatique. Par ailleurs, les atteintes à la liberté de conscience ne prennent pas nécessairement la forme d’attaques à l’arme de guerre. La vigilance est donc de mise.

Puisque la paix publique ne peut régner qu’à cette condition du respect absolu des convictions d’autrui et vu la sensibilité du sujet, il importe que chacun soit rappelé à son devoir et appelé à la retenue. C’est ainsi qu’il faut agir contre le prosélytisme. Évidemment, certains jugent qu’il relève de la liberté d’expression, mais, si expression il y a, c’est en vue de convaincre autrui et, partant, de dévaloriser ses convictions en proposant des croyances jugées plus justes. En soi, le prosélytisme est donc une attaque des convictions d’autrui, laquelle ne pourrait être tolérée.

Encore faut-il, pour préserver totalement notre liberté de conviction, donner à la notion de prosélytisme une acception large : tout acte pouvant être considéré, de près ou de loin, comme visant à accroître le crédit d’une religion ou d’une pratique religieuse doit être prohibé.

C’est ainsi que, récemment, des musulmans de Montargis (France), ont entrepris de distribuer des roses aux passants sur un marché, afin de lutter contre les préjugés à l’endroit de l’islam. De manière plus qu’évidente, cette action allait à l’encontre de la conviction d’une majorité de la population française que l’islam est une religion violente, prônant le terrorisme et l’oppression des femmes, le refus de l’intégration et le port de vêtements inesthétiques.

Jean-Pierre Door, maire UMP de Montargis, ne s’y est pas trompé et a interdit l’action. Voyant sa prohibition outrepassée, il a infligé une amende aux contrevenants [1]. Il faut saluer ce geste courageux en ces temps de complaisance vis-à-vis de la présence de l’islam dans l’espace public. Les fidèles de cette religion doivent être sommés de s’intégrer et d’intégrer les principes fondamentaux de notre société. Parmi ceux-ci, ils doivent apprendre à montrer du respect pour nos convictions, dont celle qu’ils sont des tueurs potentiels et des oppresseurs en puissance, voire pire encore.

Ce n’est qu’à la condition du respect de ces conditions strictes que le vivre-ensemble pourra être préservé. Nous apprenons d’ailleurs à l’instant qu’un nouveau dossier est à l’instruction, celui d’une femme voilée qui, dans le bus, à des fins de prosélytisme, aurait cédé sa place à une dame âgée.

Photo : Chr. Mincke