Liège. Une mort annoncée pour la sidérurgie à chaud ?

Michel Capron

L’annonce, le 13 octobre dernier, par la direction d’ArcelorMittal (AM)-Liège de la décision de fermeture définitive de la majorité des outils de la phase à chaud a fait l’effet d’un couperet d’une brutalité inédite. Elle atteint durement non seulement les 581 sidérurgistes (361 ouvriers et 220 employés) et leur famille, mais aussi, selon les estimations, plus d’un millier de travailleurs employés dans les entreprises sous-traitantes. C’est un coup dur de plus pour la sidérurgie en Wallonie [1]. Cette décision illustre bien la stratégie à dominante purement financière [2] qui anime le premier sidérurgiste mondial : toute activité jugée non rentable dans la durée doit disparaitre, surtout en période de basse conjoncture où guettent les surcapacités et les risques de surproduction pesant sur les prix de vente de l’acier et donc sur la rentabilité du groupe. Cela mérite quelques explications : déjà, dès le début 2003, Arcelor avait manifesté la volonté de fermer les hauts fourneaux (HF) liégeois parce que jugés trop couteux. En 2006, AM ne reprend qu’avec le HF B. À partir de novembre 2008, AM alternera fermetures et remises en activité des HF au gré de la conjoncture, mais en soumettant la phase à chaud à deux plans d’économies, dont il attend un retour durable à la rentabilité. Les objectifs de ces plans n’ayant pas été atteints malgré les efforts des travailleurs, il finit par décider la fermeture au vu d’une basse conjoncture qui risque de persister. Les sidérurgistes ne l’entendent pas de cette oreille [3] : c’est pourquoi, lors de la première séance de la procédure Renault, le 28 octobre, ils revendiquent de la part de la direction des comptes prouvant l’effective non-rentabilité de la phase à chaud.

Pour bien comprendre l’historique de cette fermeture, j’aborde ici tout d’abord les signes annonciateurs de menaces pesant sur la phase à chaud d’AM-Liège, avant d’évoquer le contexte immédiat de la décision de fermeture. J’examine ensuite le profil de scénarios possibles ainsi que les premières actions des sidérurgistes pour conclure brièvement sur l’avenir de la sidérurgie en Wallonie.

Des menaces, puis des mises à l’arrêt

En fait, c’est dès 2001 que la situation continentale et la répartition géographique des outils de Cockerill Sambre (CS) à Liège posent problème. En mai 2001, un audit de McKinsey notait, chez CS-Liège, un cout de production nettement supérieur à celui des sidérurgies maritimes. Ce qui déterminera Usinor à intervenir en mettant en œuvre, pour CS-Liège, un plan Delta visant à la fois l’amélioration de la productivité et des pertes d’emplois via des prépensions. En contrepartie, Usinor s’était engagé — sous peine de pénalités — envers la Sogepa (Société wallonne de gestion et de participations des entreprises), avant la fusion devant engendrer la création d’Arcelor, à effectuer la réfection du haut-fourneau 6 à Seraing [4] à l’horizon 2006. La fusion entre Usinor, Arbed et Aceralia ne sera effective que début 2002, à la suite notamment des exigences de la Commission européenne et des différentes offres publiques d’échange à opérer entre les trois groupes pour constituer Arcelor. Peu après la constitution de ce nouveau groupe, son administrateur-délégué, G. Dollé, met la pression sur les sites continentaux d’Arcelor en y gelant, dès juin 2002, tout investissement stratégique et en pointant, en septembre 2002, CS‑Liège comme le site le moins performant. Il annonce, dans la foulée, au vu des surcapacités en produits plats en Europe, qu’une décision sera prise par rapport aux HF de Liège début 2003.

Ces propos ont de quoi inquiéter le front commun syndical qui tente vainement de convaincre Serge Kubla, ministre régional de l’Économie, de racheter CS dans la perspective d’une reprise par un autre partenaire industriel, d’autant plus que la réfection du HF 6 est devenue problématique. On connait la suite [5] : le 14 janvier 2003, le conseil d’administration d’Arcelor évoque la fermeture des deux HF de Liège en 2005-2006 puis, face à une forte contestation syndicale et aux réticences certaines du gouvernement wallon, il étale la fermeture des HF. C’est ainsi que le HF 6 de Seraing sera fermé en avril 2005 et le HF B d’Ougrée en 2009.

Par la suite, à l’issue d’une OPA serrée [6], le groupe indien Mittal s’assure le contrôle d’Arcelor en juillet 2006 pour constituer le groupe ArcelorMittal. Son PDG, L. Mittal est perçu à Liège somme le « sauveur » de la sidérurgie intégrée, même s’il ne donne pas de garanties formelles à l’égard de la phase à chaud. Puis, au gré de l’évolution de la conjoncture sidérurgique, on assiste à une politique de « stop and go » vis-à-vis des HF liégeois. Qu’on en juge : le HF B est maintenu en activité jusqu’en novembre 2008 ; il sera mis en arrêt temporaire (mis « sous cocon ») puis réactivé en avril 2010 ; il sera remis à l’arrêt en juin 2011 pour une réfection partielle puis, en juillet 2011, AM annonce qu’il ne sera pas remis en activité avant début 2012. Le HF 6 de Seraing sera remis en activité en février 2008 [7] avant d’être remis sous cocon en novembre 2008. Les autres outils de la phase à chaud (aciérie, coulées continues et laminoir de Chertal) seront soumis au même régime. Les deux HF sont donc devenus effectivement des variables d’ajustement auxquelles AM recourt ou qu’il met au rencart au gré des variations de la conjoncture sidérurgique en Europe. Il en sera d’ailleurs de même pour les autres HF continentaux (Florange, Brême, Eisenhüttenstadt), eux aussi réputés trop couteux.

Au vu de ces soubresauts successifs, on conçoit l’inquiétude et la colère des sidérurgistes liégeois, ballotés entre chômage économique et transferts vers la phase à froid. C’est en effet depuis 2002 que l’on pouvait ressentir les incertitudes liées à l’avenir de la phase à chaud à Liège et à la survie de sa sidérurgie intégrée puisque, lors des périodes d’arrêt des HF, la phase à froid — dont AM se plaisait à souligner la haute qualité des produits — devenait dépendante d’apports en provenance de Dunkerque, avec les aléas (transport, qualité de l’acier, etc.) que cela incluait. Par ailleurs, en novembre 2009, Francis Degée, directeur à l’époque d’AM-Liège, estimait que la phase à chaud, desservie par une trop grande dispersion de ses outils, pourrait être fermée à moyen terme [8]. D’autre part, le rapport Laplace [9] pointait comme principal handicap de la phase à chaud à Liège, lié à sa dispersion géographique, l’inefficacité de la réutilisation des gaz de cokerie et de HF dans les fours destinés à réchauffer les brames dans le laminoir de Chertal. En 2010, AM s’était engagé à investir 110 millions d’euros pour améliorer la situation de la phase à chaud, promesse non suivie d’effets. D’où, malgré la mise en œuvre du plan Speed Up en 2009 visant à réaliser 250 millions d’euros d’économies à l’horizon 2011 moyennant des économies dans tous les secteurs, plus de flexibilité, de polyvalence et de productivité et certaines restrictions salariales en vue de réduire l’écart par rapport aux sites maritimes [10], la situation de la phase à chaud restait fort problématique.

Une décision brutale

En septembre 2011, AM annonce un plan d’économies d’un milliard d’euros dans le secteur des produits plats en Europe [11] au vu de la détérioration de la conjoncture sidérurgique et, notamment, d’un regain d’importations en provenance de Chine et des pays de l’Est. Il en résulte des fermetures temporaires de HF sur les sites continentaux précités, mais aussi en Espagne, à Sestao et à Madrid. Pour les produits longs, une aciérie électrique et deux laminoirs à Schifflange et Rodange sont également mis à l’arrêt. Face à cette situation, les sidérurgistes liégeois manifestent leur vive inquiétude par une grève dès le 3 octobre qui, à partir des travailleurs du HF B, s’étend à l’ensemble d’AM-Liège. Ils revendiquent à la fois le maintien en fonction de tous les travailleurs temporaires (dont vingt-un d’entre eux viennent d’être « remerciés »), le paiement des dimanches non prestés en période de chômage économique ainsi qu’une information claire quant à l’avenir de la phase à chaud [12]. La direction refuse de négocier et six de ses membres sont « séquestrés » pendant vingt-quatre heures à Flémalle. Après une semaine de grève, le travail reprend le 11 octobre, la direction ayant finalement accepté de réintégrer les vingt-un temporaires et d’activer les transferts de travailleurs du chaud vers le froid, au lieu de payer les indemnités demandées. Puis, c’est le coup de massue redouté : le 13 octobre au matin, la direction d’AM-Liège annonce en conseil d’entreprise la décision du groupe de fermer définitivement les deux HF, l’agglomération, l’aciérie et les coulées continues ; elle ne gardera que la cokerie et le laminoir à chaud de Chertal. 581 sidérurgistes sont touchés et on estime à au moins le double les pertes d’emplois chez les sous-traitants. Cette décision, scandaleuse parce que préparée bien avant l’accord du 11 octobre, suscite colère et révolte chez les travailleurs et l’indignation du monde politique wallon. Les syndicats revendiquent, envers et contre tout, le maintien d’une sidérurgie intégrée à Liège, parlent de « nationalisation », et le gouvernement wallon assure envisager toutes les solutions pour tenter de faire face au mieux à cette décision qualifiée de « catastrophique [13] ». Sa marge de manœuvre est cependant très faible, comme il ressort des scénarios que l’on pourrait envisager.

Les scénarios possibles

Le premier scénario qui vient à l’esprit est évidemment celui d’une reprise, par le gouvernement wallon, des outils fermés, dans la perspective d’attirer un nouveau repreneur industriel. Or ce scénario, outre le fait qu’il exclut toute option d’une sidérurgie intégrée, se heurte d’emblée à un obstacle pour le moment infranchissable : le refus d’AM de céder les outils en question afin d’éviter toute surcapacité de l’offre qui viendrait à peser sur les prix de vente. Le groupe se dit cependant prêt à endosser les couts de la dépollution des sols et autres indemnités. Le ministre Marcourt ne désespère pas de faire revenir AM sur ce refus, mais, à mon sens, cet espoir est plus que ténu. Supposons tout de même que l’on en arrive à une reprise des outils fermés. Dans ce cas, on se trouverait avec des outils à réactiver — d’où un cout de plusieurs dizaines de millions d’euros —, sans cependant disposer d’un outil de base, à savoir une cokerie. On en serait donc réduit à acheter du coke sur le marché, à des prix fluctuants et sans doute élevés. Au total, sans laminoir à chaud, la production consisterait en brames, c’est-à-dire en demi-produits banaux. Tout ce système ne pourrait cependant fonctionner sans l’apport d’un repreneur industriel extérieur. Dans la conjoncture actuelle, on voit mal qui serait preneur, au surplus de brames produites à un prix de revient supérieur à celui de la majorité des autres producteurs. L’exemple de Carsid à Marchienne est là pour en témoigner [14].

Le second niveau de ce scénario concerne la pérennité de la sidérurgie à froid : si la qualité des produits revêtus convient pour le moment à AM, la question qui se pose concerne l’apport de brames ou de bobines — et ses aléas — en provenance de Dunkerque selon qu’AM continue ou non à utiliser le laminoir de Chertal, notamment au gré des variations conjoncturelles et de la saturation des outils de Dunkerque également dédiés à l’approvisionnement du site de Florange dont les HF sont temporairement à l’arrêt.

Si ce premier scénario bute sur le refus d’AM, le second scénario suppose que l’on s’oriente vers une reconversion des sites démantelés de la phase à chaud. Le gouvernement wallon est en droit d’exiger la dépollution des sols [15], qui couterait au groupe entre 600 millions et 1 milliard d’euros, et de lui fixer un délai d’exécution de manière à pouvoir disposer (après rachat) de terrains (on parle de 300 hectares) ouverts à de nouvelles activités. Cela pose donc la question de la reconversion économique à laquelle les pouvoirs publics wallons et les organismes liégeois (Meusinvest, SPI+, etc.) risquent de s’atteler une fois de plus avec un retard certain. Le GRE (Groupement de redéploiement économique liégeois), créé à cet effet en juin 2004 et associant les « forces vives » du bassin, s’est révélé parfaitement inefficace. On peut toujours espérer que l’Udil (Union pour le développement de l’industrie liégeoise) dont le ministre Marcourt a annoncé la création en septembre dernier se révèlera plus efficace, notamment en matière de recherche et d’innovation.

Par ailleurs, pour le ministre Henry, il n’est plus question d’accorder des quotas CO2 à Mittal pour 2012, et le ministre Nollet a annoncé la suspension de la négociation d’un contrat de recherche de 4 millions d’euros avec AM. D’autre part, on pourrait remettre en question les synergies entre le CRM (Centre de recherches métallurgiques) et le laboratoire liégeois d’AM ou, à défaut, exiger que les fruits de leurs recherches soient investis en Wallonie. À cela s’ajoutent quelques dizaines de millions d’euros d’aides accordées, notamment à la recherche, qu’il s’agit de récupérer. La Région wallonne a constitué une provision de 150 millions d’euros en vue de pallier les problèmes d’AM-Liège. On peut supposer qu’elle en aura bien besoin.

Par ailleurs, le scénario social de l’après-fermeture n’est pas encore dessiné. La première réunion, le 28 octobre, en conseil d’entreprise pour entamer la procédure Renault a surtout vu les délégations syndicales poser des questions précises et légitimes sur la situation d’AM en Belgique et en Wallonie, sur la réelle situation de la phase à chaud, etc. Par la suite, il faudra sans doute envisager un plan social. AM a précisé qu’il n’y aurait pas de licenciements secs. Mais on voit mal comment reclasser la majorité des travailleurs du chaud soit dans la sidérurgie à froid, soit par exemple chez Industeel qui, ne travaillant pas à plein régime et recourant à de la main-d’œuvre temporaire, ne pourrait absorber un nombre important de sidérurgistes venant de Liège. Il y aurait donc certainement lieu de recourir soit à des mesures de prépension, soit à des cellules de reconversion (qu’il faudrait également ouvrir aux travailleurs des sociétés sous-traitantes). Il est clair que, là aussi, les travailleurs sont en droit d’exiger un maximum d’indemnités de la part d’AM.

Cela étant, les syndicats liégeois ont réagi avec une détermination mesurée et semblent plutôt opter pour une riposte graduée. Une manifestation a réuni quelque 10.000 personnes à Seraing le 26 octobre : outre les travailleurs d’AM, des salariés d’autres entreprises du bassin et des délégations de Sidmar et de Florange étaient présents, manifestant leur volonté de lutte contre la politique du groupe AM. Les sidérurgistes liégeois participeront à la mise sur pied d’une manifestation européenne des sidérurgistes de tous les sites d’AM le 7 décembre à Bruxelles. Par ailleurs, ce 30 octobre, les sidérurgistes ont bloqué les quais de chargement de coke à destination de Dunkerque pour protester contre le licenciement sec de dix-neuf des vingt-un temporaires réengagés le 11 octobre, à l’encontre des engagements d’AM pris ce jour-là. Cet incident ne fit qu’accroitre la méfiance syndicale envers AM. D’autres actions devraient certainement suivre.

Un avenir possible pour la sidérurgie en Wallonie

Le bassin sidérurgique liégeois se trouve à l’heure actuelle dans une situation critique. Non seulement la phase à chaud sera fermée, mais les syndicalistes nourrissent aussi des craintes quant à la pérennité de la phase à froid. La direction d’AM-Europe s’évertue cependant à réaffirmer un avenir certain (mais pour combien de temps ?) pour la sidérurgie à froid, avec ses produits de haute valeur ajoutée, galvanisés et revêtus (via notamment la technique du revêtement sous vide d’Arceo, dont on attend la transposition à échelle industrielle), son approvisionnement étant assuré à moindre cout à partir de Dunkerque [16]. Quant aux autres sites d’AM, Industeel à Charleroi se porte assez bien malgré la conjoncture du fait de sa spécialisation en tôles fortes et aciers spéciaux de grande qualité pour une clientèle bien spécifique. Aperam à Chatelet qu’AM avait filialisé début 2011 (avec ALZ-Genk) en externalisant sa production d’inox, vient de connaitre une grève le 5 octobre à la suite de l’annonce de quarante-six pertes d’emplois (sur sept-cent-trente) d’ici fin 2012. Le secteur européen de l’inox s’oriente sans doute vers des regroupements à la suite du tassement du marché, de quoi inquiéter les travailleurs.

Par ailleurs, pour se limiter à l’essentiel, si le groupe Duferco renoue avec les bénéfices, Carsid est toujours à l’arrêt dans l’attente d’un repreneur. Le groupe Novolipetsk (nlmk) annonce, lui, à la fois une réduction temporaire de production à La Louvière et l’inauguration à Clabecq d’une nouvelle unité de production de tôles fortes anti-abrasives à haute élasticité et à fine épaisseur. Parmi les aciers actuellement produits, c’est sans doute du côté de ces produits de niche ciblant une clientèle précise (comme c’est le cas pour Industeel et Clabecq) que se trouve l’avenir de la sidérurgie en Wallonie. Le CRM au Sart-Tilman pourrait jouer là un rôle majeur en termes d’innovation et d’acquisition de brevets que l’on pourrait exploiter dans les laminoirs de Clabecq et La Louvière d’une part, dans les laminoirs à froid et les outils de revêtement de Liège d’autre part, voire ailleurs, sans exclure la mise en service de nouvelles lignes de production. Il reste donc un avenir possible pour la sidérurgie en Wallonie, même si les centres de décision ne s’y trouvent plus depuis pas mal de temps. Cela n’empêchera cependant pas les groupes multinationaux qui contrôlent la sidérurgie en Wallonie d’intégrer ces innovations si elles offrent une plus-value à leurs activités chez nous.

2 novembre 2011

[1Sur l’évolution de la sidérurgie en Wallonie depuis les années septante, voir M. Capron, « Les métamorphoses de la sidérur­gie », Des usines et des hommes, revue annuelle de l’asbl Patri­moine industriel Wallonie-Bruxelles, n°3, 2011, p. 16-23.

[2La stratégie industrielle d’AM (acquisition de lignes de charbon et de fer, rachat ou création de certains outils, principalement dans les pays émergents) est en fait soumise à l’impératif de rentabilité financière.

[3Voir notamment le dossier « Sidérurgie », Syndicats, n° 18, octobre 2011, p. 7-10.

[4Voir à cet égard M. Capron, « La sidérurgie en Wallonie entre Usinor, Duferco et Arcelor », Courrier hebdomadaire, Crisp, n° 1786-1787, 2003, p. 45-57.

[5Voir M. Capron, op. cit., p. 66-77.

[6Sur les péripéties de cette OPA, voir Fr. Gilain, Mittal-Arcelor. Les dessous du bras de fer, Jourdan éditeur, 2006.

[7Moyennant l’obtention par AM de quotas CO2 supplémentaires. Voir B. Denis, « La relance de la phase à chaud de la sidé­rurgie liégeoise », La Revue nouvelle, mai-juin 2008, p. 11-14.

[8Interview dans Le Soir, 21-22 novembre 2009. Voir aussi M. Capron, « La sidérurgie en Wallonie entre craintes et espoirs », La Revue nouvelle, juillet-aout 2010, p. 11-14.

[9Laplace Conseil, « Atouts et défis de l’acier wallon au XXIe siècle », novembre 2009.

[10Cet écart aurait été réduit de 100 à 50 euros la tonne.

[11En même temps, AM s’étend aux quatre coins du monde : renforcement de ses implantations au Khazakstan, joint venture en Arabie saoudite pour la production de tubes, rachat d’une mine de charbon au Libéria, ouverture d’une mine de fer près du pôle Nord au mépris des dégâts environnementaux, le tout dans la perspective d’une intégration verticale plus poussée.

[12Une frustration d’autant plus grande que les sidérurgistes se sont pliés aux multiples contraintes du plan Speed Up sans en percevoir concrètement les résultats.

[13Les consultants Laplace et Syndex (qui conseillent les représentants syndicaux au comité d’entreprise européen d’AM) ont été chargés d’actualiser l’audit de 2009.

[14Pour le HF de Carsid, A. Gozzi, CEO de Duferco Belgium, se montre relativement optimiste. Il s’est fixé le délai de juin 2012 pour trouver un repreneur. À cet égard, il fait état de trois repreneurs potentiels : un groupe ukrainien, le groupe thaïlandais Sahaviriya Steel qui a déjà repris une installation de Tata Steel en Grande Bretagne et le groupe italien Marcegaglia. Toutefois, à la différence de Liège, Duferco est prêt à investir, avec l’aide des pouvoirs publics wallons, dans la réfection partielle de la cokerie de Marchienne, dans la remise en état du HF et, à défaut de repreneur, d’investir 65 millions d’euros dans la reconversion du site de Carsid via sa société Duferco Diversification. Cela étant, le prix de revient de brames de Carsid reste supérieur à la moyenne du marché…

[15Cela ne semble pas poser trop de problèmes à AM, même s’il va négocier le prix de cette dépollution. Via sa filiale AM Finance and Services Belgium, le groupe bénéficie largement des intérêts notionnels. Et pure coïncidence sans doute : le groupe AM vient de se retirer d’une joint venture avec le groupe américain Peabody Energy pour la prise de contrôle majoritaire d’un des leadeurs dans la production de charbon pulvérisé, utile pour les cokeries, le groupe australien Macarthur Coal. La revente de sa participation de 16 % dans Macarthur Coal, rapporte quelque 1,152 milliard d’euros à AM…

[16Voir l’interview de R. Himpe, directeur des aciers plats d’AM en Europe, L’Écho, 15 octobre 2011.