Les voix du conformisme sont impénétrables

Lechat Benoît

De l’euphorie du «  yes we can  » aux séductions du «  yes we can’t  » ? Six ans après le déclenchement de la crise financière, à la veille d’un scrutin crucial pour l’Europe comme pour la Belgique, le réformisme de gauche a-t-il vécu ? À la real-politik des grandes coalitions qui se profilent dans toute l’Europe, correspondent les mirages d’une radicalité qui a sacrifié depuis belle lurette aux vertus du marketing politique. Alors que la nécessité de réformes profondes n’a jamais été aussi grande, l’Europe et la Belgique semblent hésiter entre le vertige des petits pas (vers le précipice ?) et le fantasme d’un grand chambardement qui ne profitera finalement qu’aux conservateurs. Comment sortir de cette stérile alternative ? À la veille du scrutin belge qui mêlera tous les niveaux institutionnels, l’enjeu global sera celui de la refondation du modèle social européen, dans un contexte qui n’a plus grand-chose de commun avec sa consolidation d’après 1945.