Les ressorts de la violence

Anne Le Huerou

Une récente mission d’une organisation non gouvernementale s’est consacrée aux cas de torture commis, notamment dans les prisons, par des agents de la force publique en dépit d’un arsenal législatif qui devrait empêcher ces actes et de la mobilisation citoyenne. Les guerres de Tchétchénie ont banalisé le recours à la violence et à la torture, et les comportements des policiers sont influencés par ces pratiques qu’ils reproduisent une fois revenus à leurs tâches courantes de maintien de l’ordre. Mais cet élément n’est pas le seul facteur explicatif : il existe des causes structurelles à la violence de l’État. Pourtant, les élections législatives de décembre 2011 marquent peut-être le début de changements : la contestation s’est désormais étendue à des couches moyennes qui, auparavant, trouvaient leur compte dans le régime autoritaire de Poutine, même si un sujet comme la torture n’est pas au premier plan des revendications.