Les prisons craquent de toutes leurs jointures

Eric Maes

Barstende muren. Overbevolkte gevangenissen : omvang, oorzaken en mogelijke oplossingen [Fissuration des murs. Surpeuplement des prisons : ampleur, causes et solutions possibles]. Ainsi s’intitulait un livre sorti au début des années 1990 (Beyens, Snacken & Eliaerts, 1993). Déjà bien avant, Tony Peters (1980) écrivait un éditorial pour la revue criminologique flamande Panopticon au titre idoine : « De gevangenissen zitten overvol want de alternatieve sancties doen het niet » [Les prisons sont excessivement pleines parce que les sanctions alternatives ne fonctionnent pas]. Plus récemment : « Nooit eerder zoveel volk in Belgische gevangenissen » [Dans le passé, jamais autant de gens dans les prisons belges] (De Morgen, 28 avril 2011), « Gevangenisbevolking in België op recordhoogte » [Chiffre record de la population carcérale en Belgique] (De Standaard, 15 avril 2014), « Overbevolking gevangenissen bijna nergens groter dan in België » [La surpopulation dans les prisons n’est presque nulle part plus grande qu’en Belgique] (Het Belang van Limburg, 11 février 2015). Voilà des années que la problématique de la surpopulation dans nos prisons, ou mieux encore, l’« inflation pénitentiaire », tient les académiques, les décideurs politiques, et peu à peu aussi les médias et l’opinion publique, sur la brèche.