Les présidentialismes congolais

Jean-Claude Willame

À regarder l’histoire politique du Congo depuis ses cinquante ans d’existence, on ne peut qu’être frappé par la permanence de certaines continuités dans des discontinuités tout aussi certaines. La quête du pouvoir, comme source de revenus et de prestige pour soi-même, mais aussi (et surtout) pour sa communauté lointaine ou proche, fut un déterminant moteur dans les avatars de cette histoire. Un pouvoir, qui « se mange en entier » et d’où sont absents, ou difficilement intégrés, nos processus d’arrimage à des consensus, pouvoir né d’une longue histoire de guerres, d’intolérance et de massacres, voire de génocides. Il n’y eut cependant jamais au Congo de figures emblématiques de systèmes totalitaires, voire de dictatures englobantes. Aujourd’hui face à l’actuel « présidentialisme mou », ce n’est pas tant l’État qui est à reconstruire que le politique lui-même.