Les nouveaux enjeux de la protection sociale -

Christian Valenduc

Dans un monde qui bouge, la protection sociale ne peut rester immobile, figée sur son histoire. Deux mutations sont importantes : assurer un financement durablement équilibré et revoir la logique de l’État social actif. Assurer un financement équilibré nécessite de revoir le financement alternatif actuel : la croissance des recettes ne suit pas celle des dépenses sur le long terme et, à défaut d’une modification structurelle des recettes, l’épithète « alternatif » deviendra épitaphe... La cotisation sociale généralisée reste une opportunité de premier choix, non pour assurer une recette importante et immédiate - ce serait au contraire le meilleur moyen de la couler sur le plan politique ! - mais pour donner aux recettes, au fil du temps, une dynamique plus proche de celle des dépenses. L’État social actif a instauré un dangereux déplacement de l’équilibre des droits et des devoirs. Si certaines des mesures prises ont des effets positifs, tant sur le taux d’emploi que sur la distribution des revenus, il n’en reste pas moins vrai que la visée politique doit être revue. La pleine insertion est un objectif à poursuivre, mais avec d’autres moyens. Il doit être poursuivi dans la solidarité et non pas dans une philosophie politique qui remplace droit à l’insertion par devoir d’intégration.