Le plat pays qui est le sien

Felice DassettoPierre Lannoy

Associé aux imposteurs par les physiciens Jean Bricmont et Alan Sokal, dans leur livre Impostures intellectuelles, Bruno Latour, philosophe, anthropologue et sociologue des sciences, est une figure aujourd’hui incontournable du paysage intellectuel tant français qu’anglo-saxon. Ses travaux alimentent émules et détracteurs dans les domaines des sciences sociales, des sciences exactes, de la philosophie politique, de la métaphysique et de l’art. Mais que dit-il de si novateur (ou de si dérangeant) au sujet de notre monde ? Que ce dernier est peuplé de collectifs aux frontières changeantes et aux rapports controversés, incluant humains et non-humains dans des associations dont les termes sont les produits et non les causes. Bref, en décrivant un monde ontologiquement plat, dans lequel aucune entité — même pas l’homme — ne possède d’essence supérieure à une autre, Bruno Latour propose une nouvelle version du réalisme, un réalisme relatif.