Le pacte fondateur de la Belgique : un compromis léonin pour la laïcité ?

Jean-Pierre Nandrin

La Constitution belge a adopté un régime de séparation souple entre l’Église et l’État, résultat de l’union des catholiques et des libéraux en 1830. Qui s’est taillé la part du lion dans ce compromis, qui s’est adjugé tous les avantages ? À l’époque, grâce à une formulation équivoque, catholiques ou libéraux pensent tous deux l’avoir emporté. Ainsi, en matière d’enseignement, pour les libéraux, les libertés sont celles des droits de l’homme qui permettent l’émancipation vis-à-vis de l’Église tandis que pour les catholiques, la liberté signifie la liberté des cultes et l’affranchissement des entraves gouvernementales. D’un point de vue législatif, les interprétations divergentes ont fait pencher la balance tantôt du côté de la séparation tantôt du côté de l’union. Aujourd’hui, en dépit des piliers, la séparation entre l’Église et l’État régule les relations entre les partis politiques dans une société sécularisée.