Le nazisme, un facteur d’intégration

Anathème
extrême-droite, intégration.

Bien des rumeurs négatives courent, ces derniers temps, au sujet des nazis, néos ou pas, et des fascistes. Coordonnée par les gauchistes, qu’aucune bassesse n’effraie, cette stigmatisation menace l’extrême droite d’un injuste discrédit.

Certes, certains se sont insurgés et ont entrepris de défendre ces gens dont l’enthousiasme a défendre nos valeurs est trop souvent mal perçu. C’est ainsi qu’il fut proposé de créer une sorte « d’appellation nazi contrôlée » en interdisant que ce qualificatif soit donné à la légère à des personnes qui ne le mériteraient pas. Au même titre que le bourgogne ou la feta, le nazi verrait son prestige préservé par sa rareté et par les contrôles entourant l’attribution du label « national socialiste ».

L’initiative est louable, mais il est regrettable qu’elle mise tout sur la répression, faisant l’impasse sur la pédagogie. Il me semble en effet préférable de mettre l’accent sur des éléments positifs, de mettre en lumière des vertus nazies ou fascistes. Bien entendu, on a souvent loué la ponctualité des trains du IIIe Reich ou la qualité du revêtement de ses autoroutes, on a donné en exemple l’élégance des uniformes des soldats du Duce, on a relevé la ponctualité, la politesse et l’organisation sans faille des troupes d’occupation allemandes durant la dernière guerre. Malheureusement, ces valeurs sont souvent méconsidérées par les jeunes générations et, par ailleurs, leur mise en avant risque de raviver des clichés dont, justement, ceux que nous entendons défendre continuent de souffrir.

C’est pourquoi il me semble nécessaire de mettre en lumière la modernité de l’extrême droite et sa forte implication dans la promotion de valeurs contemporaines, comme la lutte contre les discriminations et l’inclusion sociale.

Cette proposition vous étonne ? Elle est pourtant solidement soutenue par les faits. En effet, force est de reconnaitre que, sous des apparences clivantes, les fascistes et les nazis œuvrent à l’intégration de tous dans leurs mouvements. Loin d’être élitistes et de ne s’adresser qu’aux élites sociales et morales comme le font les bobos gauchistes — y a-t-il plus enclin au mépris de classe qu’un bobo gauchiste ? — les forces de la droite décomplexée acceptent les moins dotés.

Certes, leurs leadeurs sont éduqués, souvent nantis et issus des classes dominantes, mais voyez la bonhommie avec laquelle ils fréquentent un lumpen-prolétariat aux dents gâtées et aux trainings distendus. Oui, les chefs de Schild en Vrienden portaient des pulls en cachemire sur leurs chemises Calvin Klein, mais jamais on ne les vit refuser de serrer la main d’un skin tatoué ni d’un incivique dans le besoin. Oui, les cadres du mouvement sont alphabétisés, mais ils côtoient, dans une franche camaraderie, des personnes qui ne dépareraient pas un hôpital psychiatrique. Voyez la sollicitude avec laquelle ils inculquent à des hordes d’exclus leurs slogans sur le Grand Remplacement et la supériorité de l’homme blanc. Admirez leur patience lorsque leurs adhérents échouent pour la millième fois à tracer une croix gammée présentable. Considérez cet avocat qui aime à poser devant sa cheminée en marbre, mais sourit face à la collection de déclassés d’une section hennuyère de son parti.

Il est grand temps de prendre conscience de ce que l’extrême droite met la politique à la portée des plus démunis, notamment de ceux qui vivent dans une effrayante misère intellectuelle. Cessons de brocarder ces hommes qui vont au contact de la population, sans dégout, sans mépris, pour former les hordes qui, demain, apporteront à nouveau ordre et sécurité à nos sociétés.

Certes, il faut le reconnaitre, la partie francophone de notre beau pays est quelque peu à la traine, mais la situation n’est pas sans espoir. Déjà, les fascistes flamands, fidèles à leur tradition d’ouverture à l’indigence et à la médiocrité, prennent par la main les politiques les moins brillants du Sud. Oui, une société inclusive est possible.


Autrefois roi des rats, puis citoyen ordinaire du Bosquet Joyeux, Anathème s’est vite lassé de la campagne. Revenu à la ville, il pose aujourd’hui le regard lucide d’un monarque sans royaume sur un Royaume sans… enfin, sur le monde des hommes.
Son expérience du pouvoir l’incite à la sympathie pour les dirigeants et les puissants, lesquels ont bien de la peine à maintenir un semblant d’ordre dans ce monde qui va à vau-l’eau.