Le dortoir des Belges

Bernard De Backer

Comme à chaque fin d’étape, je ne sais si je vais monter ma tente avant ou après le col, voire pousser les feux jusqu’au refuge pour partager un peu de compagnie, me doucher et manger assis sur une chaise — le luxe suprême. La chaleur est lourde, mais l’approche des deux-mille sept cents mètres du col Girardin, caressé par le vent, atténue la torpeur. Pas de plan herbeux avant le passage, aucune trace d’eau : très mauvais pour le bivouac. Un dernier ressaut pour accéder au vaste ensellement de gravillons et de pierrailles ocre du col — le plus étonnant de cette traversée des Alpes en suivant le célèbre GR 5 [1] — et l’on bascule dans un paysage somptueux entre Queyras, Piémont et Haute-Provence. Il ne manque plus que le fameux cadre jaune du National Geographic, planté à droite pour « imager » la vallée de l’Ubaye qui s’y découpe ; cela viendra sans doute…

Voilà trois semaines que je chemine par tous les temps comme un mulet obstiné : soleil entre Léman et Samoëns, orage au refuge Alfred Wills (le fondateur de l’Alpine Club), brouillard à Anterne, neige fondante sur la crête des Gittes, canicule en Vanoise, fraicheur au Mont Thabor, vent dans la vallée de la Clarée… Ma carcasse s’est tannée sous soleil et bourrasques, tassée sous le poids du sac. Si les Alpes me sont familières pour les avoir traversées par le même chemin il y a trente-quatre ans et arpentées ensuite, c’est le paysage des marcheurs qui m’intrigue aujourd’hui. D’où la séduction des refuges et des gites, malgré le portage pesant et les splendeurs robustes du bivouac.

Bernie et les Twin Towers

Celui qui m’avait mis le pied à l’étrier était un citoyen de Burlington, dans le Vermont [2], un docte septuagénaire barbu et social-démocrate, copain de Bernie Sanders, sénateur du même État. On s’était rencontré au bar désert de l’hôtel Le National à Saint-Gingolph, sur les rives du lac Léman, atteint après sept changements de trains depuis Bruxelles. Avec cette franchise des Yankees [3], il m’avait tendu la main et confié son prénom en souriant timidement. Son français n’était pas mauvais, mais il tenait à le parfaire, par respect des autochtones. Il m’avait dit en peu de mots qu’il avait « soixante-quatorze » ans (comme Sanders, élu maire de Burlington en 1981), quelques soucis de santé, et comptait gagner Menton à pied par le djièrefive. « Demain, c’est très longue étape, la refuge de Bise est closed, je vais devoir marcher dix heures jusqu’au Chapelle d’Abondance. Tu ne me verras pas au breakfast, je démarre à six heures… ».

Le randonneur de Burlington m’avait rassuré : il a dix ans de plus que moi et marche seul jusqu’à Modane (sa partenaire l’y rejoindra), de surcroit en terre parfois hostile (dans nombre de refuges et gites, la nourriture est certifiée « d’origine française » — les marcheurs peuvent y déroger encore). Pas de tente dans son backpack, surmonté de petits panneaux solaires pour recharger son matériel électronique, mais un laptop pour travailler lors des étapes à son livre sur la réforme du système politique américain. Une obsession dont il m’entretiendra longuement, lorsque nous marcherons côte à côte après la Chapelle d’Abondance. La patronne de l’hôtel me confiera que son entreprise (la traversée, pas le livre) l’angoisse très fort, et qu’il avait passé la journée à régler les moindres détails de son équipée. Je croiserai le militant social-démocrate jusqu’à Larche, quatre-cents kilomètres au sud, où nous partagerons un repas d’adieu émouvant. Son clavier avait survécu à une perfide coulée de Coke, une semaine plus tôt, à Brunissard, où je fis connaissance de sa life-partner retrouvée à Modane : une vive septuagénaire, ancienne médiatrice scolaire, descendante directe de Nathaniel Hawthorne [4] par sa mère. Elle me rappellera, au détour de nos récits de voyage, que Soljenitsyne a vécu au Vermont et que son fils, Ignat Alexandrovitch, donnera bientôt un concert à Burlington.

Seront-ils ce soir dans le refuge en contrebas du col Girardin ? Les randonneurs au long cours aiment se retrouver, poursuivre une conversation, évoquer le chemin parcouru, se refiler des tuyaux et partager la tambouille. Quand on est « hors de sa zone de confort », selon les termes d’une gracieuse Néerlandaise qui me racontera sa vie un soir de confidences avinées, les contacts sont plus intenses et dépouillés. N’y voyez pas malice.

La descente après le col n’offrant pas plus d’espace où planter la tente, je me lance dans les lacets du sentier qui surplombe la vallée de la Haute-Ubaye où se nichent le hameau de Maljasset et son refuge du Club Alpin. Un lieu gravé dans ma mémoire : j’y étais arrivé le soir du 11 septembre 2001, et avais remarqué une nervosité singulière d’où émergèrent des commentaires du genre : « Les Américains l’ont bien cherché ! » Qu’en sera-t-il après Charlie, le Bataclan — et puis Nice dont je viens d’apprendre le carnage sanglant ? Cela n’a guère changé, à entendre les réflexions du gardien, tant l’ethnocentrisme pénitentiel incline à s’attribuer toute la fureur du monde, plutôt que de concevoir « les autres » comme des sujets pouvant être aussi maléfiques que nous.

Les marcheurs solitaires, c’est bien connu, sont parfois victimes de mantras. Celui qui m’a hanté un jour de cafard n’est pas sans rapport avec les évènements que me rappelle Maljasset. La phrase s’était infiltrée dans mon esprit lors d’une conférence captivante. Un écrivain [5] y avait retracé l’histoire de la littérature comme déni assagi du réel, jusqu’à Faulkner — l’auteur de The Sound and the Fury. C’est ainsi que, tout au long d’une étape vers le mont Thabor, je me suis répété ces vers ayant inspiré le titre de Faulkner : « It is a tale. Told by an idiot, full of sound and fury. Signifying nothing » (Shakespeare, Macbeth).

Désalpe

Dans ce village qui ne compte que quelques maisons couvertes de lauzes, je tombe sur le refuge à la sortie du sentier. Le randonneur descendu des hauteurs éprouve souvent du mal à s’accorder à la vallée, torride, populeuse et bruyante. Tel l’Albatros, de Baudelaire, « roi de l’azur », il se trouve balourd, claudiquant et dégoulinant de sueur. Même ici, le refuge est accessible par une départementale en cul-de-sac (voilà qui m’épargne au moins le vrombissement des motos !). De petits groupes de promeneurs déambulent sur la route en « tenue de montagne » après avoir rangé leur voiture à l’entrée du hameau.

En 1982, les cols et hautes vallées d’estive m’étaient apparus déserts ; aujourd’hui des parkings sont installés à deux-mille mètres, et l’on croise des groupes de marcheurs immaculés à la lisière des névés. Ce sont eux qui accaparent les refuges pour « une nuit en haute montagne ». La « rurbanisation » de l’univers montagnard, à l’époque encore semi-autarcique, a poursuivi son œuvre. La population des villages travaille désormais dans les secteurs de services pour touristes, accompagnant la transformation de la montagne en stade sportif et en zone de loisirs pour citadins. Les hameaux en voie d’abandon n’existent quasiment plus, les vieilles maisons encore solides ont été retapées en résidences secondaires devant lesquelles stationnent des voitures noires et luisantes. Les autres ont disparu. Il suffit de regarder attentivement le paysage pour déceler les traces de la vie d’autrefois : terrasses herbeuses à flanc de montagne, telles des bouts de rizières emboitées, par où passaient les bœufs récoltant les meules de foin, champs cintrés de pierres que les paysans avaient extirpées pour leurs cultures d’altitude, groupes de ruines sous les ronces, cabanes de berger abandonnées [6]. Dans un bourg près de Termignon, la mairie a eu la bonne idée d’afficher des photos légendées devant les maisons, montrant les anciens occupants et leurs métiers. Alors qu’il ne reste qu’une timide boulangerie aujourd’hui, l’on comptait, avant le développement du chemin de fer et de l’automobile, des dizaines d’artisans et commerçants : marchand de vin, rétameur, cordonnier, vannier, couturière, aubergiste, boucher, épicier, menuisier, forgeron…

Les sports de glisse hypermodernes qui effleurent le monde ont la cote : parapente, canyoning, cyclisme, ski, planeur, course à pied dénommée trail. En été, les sentiers de randonnée sont parcourus de VTT largués sur les sommets par des remonte-pentes aménagés pour leur portage ; il faut bien rentabiliser les investissements et compenser les effets du réchauffement climatique. Les randonnées se font la plupart du temps en étoile, et il est devenu nécessaire de réserver sa nuitée, chacun étant supposé déambuler avec un smartphone. Lors de la montée vers le col du Palet en Vanoise, je fus suivi pendant une demi-heure par un marcheur en conversation téléphonique ininterrompue.

Les campeurs, majoritaires lors des temps pionniers, ne représentent plus qu’une infime minorité aujourd’hui, découragée par les topoguides qui ne les mentionnent plus, et par les nouvelles règlementations de parc national. Depuis un arrêté de 2010, le bivouac (montage de la tente pour une nuit) est interdit en Vanoise pour des motifs singuliers : « Trouble à la tranquillité des lieux et de la faune, nuisances visuelles ». Les colonnes de marcheurs bruyants en tenue fluo qui grimpent « en refuge » seraient moins nuisibles que la guitoune montée à la tombée du jour. Selon la gardienne bien informée du refuge de Leisse au cœur de la Vanoise, l’explication — outre le greenwashing sur le dos d’une minorité nomade et peu rentable — se trouve dans la facilité d’accès au parc naturel de la Vanoise. Elle aurait incité des groupes éméchés à camper de manière un peu trash dans les verts alpages. Encore une conséquence des parkings d’altitude…

Autre effet de la « rurbanisation », les espaces de silence (ponctués des seuls clochettes, bruissements d’eau et sifflements de marmotte), qu’offrait encore l’univers montagnard il y a peu d’années, se sont réduits comme peau de chagrin, grignotés par le bruit qui remonte inexorablement des vallées. Il n’y a pas encore de musique d’ambiance dans les refuges (un groupe allemand de free jazz, cependant, au refuge Entre-Deux-Eaux, et un autre, tonitruant, au gite du Petit Phoque), mais rares sont les cohortes de randonneurs qui arpentent les chemins sans être accompagnés d’un tapage incessant, comme nuée de frelons. L’écrivain italien Paolo Cognetti, isolé dans sa cabane de berger piémontaise, les rencontre à tour de bras : « Des randonneurs, j’en croisais tous les jours, presque immanquablement en bataillons, et ils me semblaient sourds et aveugles au paysage qu’ils traversaient, ils faisaient un tel raffut que je les entendais avant même de les voir. Même leurs parfums chimiques m’agressaient à distance. Je m’interrogeais : est-ce moi qui ai des problèmes avec le reste de l’humanité ? Ou bien eux, qui ne savent pas traverser des terres sans les coloniser [7] ? »

Crustacés et Brexit

À peine descendu au niveau de la terrasse du refuge de Maljasset, je vois, écrit en lettres capitales sur le mur : « L’esprit Club Alpin ». La barmaid un peu bougonne ne semble pas gouter ma référence malicieuse au susdit esprit en lui demandant une bière. Aggravant mon cas, je réponds à sa question et admets que je n’ai pas réservé pour la nuit, ce qui est plutôt mal vu aujourd’hui, même si le refuge s’avère à moitié vide. La plupart des promeneurs attablés ne resteront pas ; ils retourneront au parking avant de descendre vers Barcelonnette et ses sombréros [8]. Je fais un brin de causette avec un vieillard, qui n’écoute pas un mot de ce que je lui dis, puis j’observe la faune de ceux qui passeront sans doute la nuit ici. Mes copains du Vermont ne sont pas là, ni la charmante Hollandaise avinée, le rigolo des Cévennes ou ce Canadien, piloté par sa femme depuis Victoria (Colombie Britannique) via internet, et lancé, lui aussi, sur le djièrefive.

Je m’installe dans le dortoir à moitié vide, le temps d’admirer les jambes fuselées de deux jeunes Flamandes qui viennent de débarquer. Les premiers Belges (si tant est…) depuis Saint-Gingolph ! Leurs sacs à dos arborent encore l’étiquette de leur vol low-cost, virevoltant comme un papillon, leurs voix chuchotent des consignes sur le bon usage des dortoirs. Quelques minutes plus tard, un couple de quinquagénaires prend également ses quartiers ; je tente de deviner leur nationalité du fond de mon poste d’observation, un duvet polonais qui enveloppe mon corps douloureux allongé sur le bat-flanc. C’est l’une des curiosités sur ce long chemin ; comment tous ces gens venus d’un peu partout vont-ils s’accorder ou non au repas du soir ? Avec qui vais-je manger ?

Le plus pénible, j’en témoigne après un mois de marche et une quinzaine de refuges, c’est de se retrouver seul avec un groupe d’autochtones « moyens », ces « crustacés » dont parlait Gide, pétrifiés dans leur universalisme provincial, leurs exploits régionaux et autres calculs de dénivelés. Viendra le moment inévitable — s’ils daignent converser avec leur voisin qui aura dévoilé sa belgitude — où tombera la phrase fatidique, sublime, forcément sublime : « Mais vous n’avez pas d’accent ! »

Le couple qui a débarqué dans mon dortoir où s’affairent les Flamandes ne paraît pas vraiment gaulois, ou alors de la périphérie : alsacien, jurassien… Leur sac à dos n’est pas de marque Quechua, leur démarche est moins nerveuse, et — pour tout vous dire — ils n’ont pas l’« accent français ». Peut-être Suisses ou Luxembourgeois ? M’extrayant péniblement de mon duvet, j’entame un brin de conversation et le verdict tombe : ils sont Bruxellois. Voilà donc cinq Belges d’un seul coup dans le même dortoir, alors que je n’en ai pas rencontré un seul depuis trois semaines. On se retrouvera peut-être au repas, ce qui serait cocasse. Les gardiens des refuges « placent » dorénavant les convives au moyen d’étiquettes posées sur la table, et ceci selon certaines règles que je n’ai pas vraiment réussi à décoder : par dortoir, par groupes, par nationalité, par humeur ?

Le récit de ces tablées, parfois mortellement ennuyeuses ou, au contraire, magiques par la rencontre de gens inconnus qui ont plein de choses à se dire et ne se verront sans doute jamais plus, est un sujet en soi. Les nationalités y jouent un rôle important, ainsi que les phénomènes de groupe. J’ai rencontré à deux reprises un essaim d’Anglais tapageurs et alcoolisés, formant un cercle clos autour de leurs bouteilles, sans cesse renouvelées par l’aide-gardien népalais (un dolpo-pa de Ringmo — nous avons pris le train ensemble vers Chamonix). Rien n’existait en dehors d’eux : un Brexit en miniature, avec des envolées pâteuses dignes de Boris Johnson ou Nigel Farage.

Mais les Britanniques, Irlandais et Nord-Américains solitaires ou en couple étaient, eux, communicatifs et ouverts, heureux de rencontrer un anglophone, même de fortune. Tel ce jeune retraité de la City qui m’a raconté en détail la maladie cardiaque et le décès de son père, alors que nous tentions de convaincre un randonneur, anéanti par la fatigue et pâle comme un mort, de rebrousser chemin. Ou ce jeune père qui avait placé sa petite tente verte à côté de la mienne au pied du mont Thabor, et que j’ai revu le lendemain dans une pizzéria de Névache avec une campeuse batave qui, elle, ne buvait que du thé. Soirée inoubliable et hilarante entre trois solitaires, surpris de partager un repas et profitant de l’aubaine pour rester assis le plus longtemps possible. Sans oublier, au refuge Alfred Wills, ces deux jeunes femmes de Heidelberg, escortées d’un âne rétif tracté au bout d’une longe. Médecin et infirmière en soins palliatifs, elles avaient soigné mon genou, paralysé par une tendinite aussi douloureuse qu’imprévue, après m’avoir annoncé avec un humour noir involontaire : « Jetzt sind Sie unsere Patient [9] ! »

L’heure de la tambouille a enfin sonné et nous nous retrouvons rassemblés par dortoir. De manière mathématique, les Belges sont majoritaires, entourés de chaque côté par de jeunes Hexagonaux à l’esprit vif, curieux en diable face à une telle opportunité exotique. Après un tour de piste, les randonneurs se présentent, ce qui est plutôt rare en France. Les Flamandes viennent de Molenbeek, produisant un moment de silence perplexe, leur blondeur et leurs shorts moulants ne cadrant pas vraiment avec la réputation salafiste de la commune bruxelloise. Notre sous-groupe s’embarque avec ferveur dans une vaste discussion géopolitique, alors que les Flamandes vivent leur vie à l’autre bout de la table. Le gardien du refuge devra nous chasser trois heures plus tard, tant la passion des échanges nous a fait oublier le temps et les consignes de silence. On reprendra ça au petit-déjeuner, avant de nous disperser à jamais dans le bruit et la fureur du monde.

[1Sur cet itinéraire et l’histoire des sentiers alpins, je renvoie à ma présentation de La traversée des Alpes. Essai d’histoire marchée, d’Antoine de Baecque (Gallimard, 2014), dans La Revue nouvelle de juillet 2014.

[2État du nord-est des États-Unis, dont le nom d’origine française évoque le caractère vallonné. Burlington est la plus grande ville du Vermont (dont la capitale est Montpelier), très ouverte sur la langue française pour attirer les touristes québécois. La municipalité encourage même le bilinguisme dans les commerces.

[3Sobriquet d’origine néerlandaise (Janneke ou Jan-Kees) désignant un habitant de la Nouvelle-Angleterre qui fut d’abord la Nouvelle-Hollande ou la Nouvelle-Belgique. New York a succédé à Nieuw-Amsterdam et Wall Street à Waal Straat (rue du Mur ou rue des Wallons, les avis divergent). Voir aussi les toponymes néerlandais de Harlem ou Hoboken, sans oublier Coney Island, l’ile aux lapins (« Konijnen Eiland »).

[4Un des premiers grands écrivains américains (1804-1864), auteur notamment de La Lettre écarlate dénonçant le sort des femmes dans le puritanisme de la Nouvelle-Angleterre. Hawthorne était originaire de Salem, ville du Massachusetts où des femmes avaient été brulées vives pour sorcellerie en 1692.

[5Pierre Bergounioux, invité par la librairie Quartiers Latins, auteur de Jusqu’à Faulkner, Gallimard, 2002.

[6On trouve une belle évocation de la disparition de cet univers montagnard, par le biais des retrouvailles d’un écrivain des villes avec les montagnes valdotaines de son enfance dans le poignant et superbe témoignage personnel de l’écrivain italien, Paolo Cognetti, Le garçon sauvage. Carnet de montagne, éditions Zoé, 2016. L’auteur passe une année en « ermite » dans une baita, une cabane de berger.

[7Paolo Cognetti, op. cit. Le propos de David Le Breton, dans « La marche, un salutaire retrait du monde » (Le Monde, 10 octobre 2016), affirmant que le marcheur « est déconnecté » ou que « Loin des impératifs de vitesse, de rendement, d’efficacité, une randonnée est un éloge de la lenteur », paraît fort idéalisé.

[8Des habitants de Barcelonnette ayant fait fortune au Mexique et investi leurs avoirs à leur retour au pays, la ville a choisi de construire son image touristique sur l’Amérique rêvée de ses oncles prodiges. Elle est dès lors décorée d’innombrables objets « mexicains », dont le sombréro n’est pas le moins visible.

[9« Maintenant, vous êtes notre patient ! »