Le cas tunisien

Mohamed Nachi

La période de transition démocratique en Tunisie fournit une illustration exemplaire de la manière dont les compromis se nouent et se dénouent au gré des circonstances et de l’évolution des rapports de force et de la légitimité des intérêts en conflit. Au terme du dialogue national, les acteurs politiques et les membres de la société civile ont réussi à mettre en place des consentements consensuels qui posent les conditions d’un pluralisme effectif, d’une alternance politique, permettant la coexistence de forces sociopolitiques ayant des intérêts et des objectifs contradictoires. Il y a eu formation de compromis dans la mesure où, d’une part, les forces de l’opposition (« séculariste ») ont accepté la participation du parti islamiste Ennahdha au jeu politique et, d’autre part, le parti « islamo-conservateur » et ses alliés ont accepté l’idée de négociation et de dialogue national pour sortir des crises politiques à répétition qu’a connues le pays au cours des quatre dernières années. Malgré les divergences de leurs projets respectifs, les deux partenaires se sont acceptés mutuellement et ont fait des concessions réciproques pour parvenir à des accords de compromis, en dépit des oppositions qui les séparent — ce qui n’est pas le cas par exemple en Égypte.