La nuée indignée, ambitions et limites

Antón Fernández de Rota

Les élections générales espagnoles prévues en décembre prochain marqueront une étape importante dans un processus d’évolution du paysage politique. Il ne s’agira pas seulement de renouveler les Chambres et de remettre en question le poids respectif des deux grands partis. Les enjeux sont bien plus considérables, car, depuis le 15 mai 2011 et l’émergence du mouvement des Indignés, la société civile espagnole a repris la chose publique en main. C’est en interrogeant le concept d’intelligence distribuée que l’on peut prendre la mesure des bouleversements en cours : mise en place d’alternatives électorales, questionnement des formes syndicales et contestation du rôle des partis, peu de secteurs de la vie politique échappent au bouillonnement qui agite l’Espagne.