La liberté d’enseignement : un droit à réinterroger

Albert Bastenier
Enseignement-enfance.

Partout dans le monde industrialisé, les systèmes d’enseignement traversent depuis plusieurs décennies une interminable crise. Ce pourrait bien être le symptôme de l’épuisement d’un mode d’organisation étatique de la transmission des connaissances devenu trop exclusivement technocratique et instrumental. On peut en tout cas penser que l’école ne sortira de son marasme que si elle parvient à conférer à l’acte d’apprendre une signification intellectuelle et morale qu’elle n’a plus aujourd’hui. L’hypothèse explorée dans cet article est que cette signification a partie liée avec le principe de « liberté d’enseignement » tel que, pour sa part, l’énonce la Constitution belge de 1830. Ce principe demande toutefois d’être approfondi, en vue de ne pas être confondu avec les réseaux scolaires existant aujourd’hui en Belgique, qui ne reflètent plus actuellement que ce que l’on pouvait comprendre de l’idée de liberté au XIXe siècle. Une conception élargie de la liberté d’enseignement resituerait les institutions scolaires au cœur des exigences de la culture des sociétés démocratiques