La légitimité du management

Benoît Bernard Benoît

Longtemps préservée des questions d’organisation et de gestion, la Justice manifeste, bon gré mal gré, un intérêt grandissant pour les logiques managériales. L’introduction d’un certain nombre de concepts et d’outils de gestion (évaluation des résultats, maitrise des couts, stratégie, redevabilité...) s’accompagne du développement d’une rationalité managériale qui bouscule les rationalités anciennes - juridiques, administratives... -, mais aussi les identités et les pratiques professionnelles. Ainsi, au sein d’un monde que l’on caractérise plutôt par sa permanence que par ses capacités de changement, s’installe l’idée d’opérer un passage de l’institution - où la régulation est assurée par des normes de conduite - à l’organisation - où l’allocation des ressources est planifiée. Pour le dire autrement, le secteur régalien qu’est la Justice connait un mouvement de déspécification et tend donc à devenir une organisation publique comme une autre. Dans ce mouvement que l’on peut également qualifier de détraditionnalisation, quel est le rôle joué par le management ?