La fin de la saga Sabena

Michel Capron
Social.

La Sabena a été l’un des emblèmes de la fierté belge, qui s’exportait
dans le monde entier. Le 7 novembre 2001, le tribunal de commerce
de Bruxelles a prononcé sa faillite. Celle-ci n’est évidemment
pas le fait d’un malheureux hasard, même si les attentats du
11 septembre ont accéléré le processus. Cependant, les responsabilités
sont inégalement partagées : Swissair, en raison de sa gestion
et de l’utilisation de la compagnie nationale à son profit, est le
principal responsable. Mais le gouvernement fédéral, qui n’a jamais
mis en œuvre de politique de développement cohérente, a entamé
une privatisation d’autant moins contrôlée que le Parlement a été
tenu à l’écart de ses différentes étapes. Les administrateurs belges
sont également en faute, pour n’avoir pas rempli leurs rôles d’administrateurs publics, qui auraient dû sanctionner une gestion calamiteuse.
Enfin, en l’absence d’un réel soutien de leurs centrales
respectives, les délégations syndicales ont dû parer au plus pressé,
sans coordination avec les revendications et actions des pilotes.
Quant à la nouvelle compagnie, la D.A.T.+, les hypothèques qui
pèsent sur son avenir sont nombreuses.