La crise, ferment d’un fédéralisme européen

Pierre Defraigne

Le surendettement des pays du sud de l’Europe amène à sous-estimer les problèmes qui se posent dans l’ensemble de la zone euro. Et l’endettement public est considéré abstraction faite de la dérive financière du capitalisme occidental, qui n’est elle-même qu’un moment dans le devenir du capitalisme de marché. À rebours de cette occultation, il convient d’établir avec précision les connexions entre la transformation de ce capitalisme et la crise de l’Europe. En somme, c’est une « crise dans la crise » qui s’enracine dans une double dissociation : entre l’économique et le politique et, à l’intérieur du politique, entre l’exercice du pouvoir au sein de l’Union et les peuples européens. La catastrophe de la monnaie unique est située comme un concentré de ces contradictions. Heure de vérité, qui pourrait être l’occasion d’un bond en avant, d’une gouvernance intergouvernementale bureaucratique et illisible vers un fédéralisme citoyen.