La crise. Quelle crise ?

Théo Hachez

« Contre toutes les formes de nationalisme », tel est le slogan porté par la tête de la manifestation de novembre 2007. Il est quelque peu mis en doute par les innombrables drapeaux belges portés bien haut par le cortège qui suit... Ce nationalisme belge, modeste et pacifique, mais dépourvu d’ironie, ne s’assume pas. Est-il le complément indispensable d’un État en proie au doute quant à sa survie ? Est-il indissociable d’une sorte de poujadisme qui reporte sur les politiques la responsabilité des contradictions et des conflits internes ? Six mois de crise ont exacerbé les conceptions antagonistes d’une Flandre qui, au-delà de son discours de bonne gouvernance néolibérale, reste hantée par l’idéal romantique de la nation alors que l’identité des Francophones est davantage politique, marqué par une sorte de patriotisme institutionnel.