La Shoah en Belgique : un Historikerstreit belge ?

Nico Wouters

La Shoah en Belgique (2012) [1], écrit par l’historienne allemande Insa Meinen, est un ouvrage intéressant. Sur certains points importants, il comble les lacunes dans nos connaissances sur la persécution des Juifs en Belgique durant la Seconde Guerre mondiale. Mais cet ouvrage est aussi tendancieux : il poursuit un programme qui, comme tel, opère un retour en arrière dans l’évolution de l’historiographie sur le judéocide en Belgique.

Une véritable « contre-histoire » ?

Insa Meinen se centre sur des aspects peu étudiés jusqu’à présent. Elle jette une lumière nouvelle sur le rôle de certaines instances allemandes en Belgique occupée. La principale conclusion du livre est que la majorité des Juifs persécutés en Belgique ont été arrêtés par les services allemands via des actions individuelles après l’été 1942, et non pas à la suite des rafles collectives tristement célèbres qui ont nourri l’essentiel de la recherche jusqu’à présent. Cette conclusion n’est pas neuve : elle a déjà été mise en évidence par une littérature antérieure, en particulier grâce aux travaux de Maxime Steinberg et de Lieven Saerens. Si la conclusion principale du livre de Meinen n’est de loin pas aussi novatrice que le prétend l’auteure, il est crucial qu’elle insiste sur ce point. En effet, il a été sous-estimé jusqu’à présent par l’historiographie. L’autre thème principal du livre concerne les stratégies très diverses de survie développées par les Juifs en Belgique après l’été 1942.

Hélas, cet aspect est soumis à un traitement purement descriptif et factuel. Les stratégies de survie des Juifs ne sont pas replacées dans le contexte sociétal belge : quelle fut la diversité des réactions provenant de différents groupes sociaux ou y eut-il des différences régionales ? Autant de questions qui ne sont pas posées. Meinen relève, pour l’essentiel, que la recherche sur les comportements de la société belge envers les Juifs pendant l’occupation présente encore de nombreuses lacunes. Cela vaut également pour les divers types de réaction à l’égard des sous-groupes composant la communauté juive de Belgique : un domaine dans lequel peu de recherches ont été menées jusqu’à présent, et que Meinen n’aborde pas du tout.

La publication du livre a été saluée par la presse en Belgique, tant du côté néerlandophone que francophone. L’auteure, soutenue par l’historien de l’ULB Jean-Philippe Schreiber, a mené une campagne médiatique réussie en vue de la promotion commerciale de son livre. Mais il est regrettable qu’une partie de cette campagne de promotion ait consisté à minimiser, voire à discréditer la production scientifique de nombreux historiens sur la persécution des Juifs en Belgique. Une telle attitude correspond, à mon sens, à une volonté un peu excessive de se profiler : Meinen fait la publicité de son livre en le présentant comme une véritable « contre-histoire ». Certes, il ne s’agit là probablement que d’une stratégie de marketing. Mais une telle stratégie est-elle le fruit d’une bonne historiographie ?

La « vraie responsabilité » allemande

Le livre est écrit à partir de la perspective des persécuteurs allemands et il ne s’appuie que sur des sources allemandes. Il n’y a rien de mal à cela. Toute recherche a un angle précis d’approche. À partir de là, Meinen vise systématiquement à minimiser la responsabilité des autorités belges dans la persécution des juifs. Cette position paraît à la fois étrange et inutile. Rien dans son livre ne contredit, d’une quelconque manière, les travaux importants qui ont paru jusqu’à aujourd’hui, ni La Belgique docile (2007) [2] dont je suis coauteur. En réalité, l’ouvrage de Meinen le complète : ces deux livres forment les deux faces d’un même récit ; ils pourraient donc parfaitement s’entrecroiser.

Le principal problème est que, dans le cas de Meinen, il s’agit plus que d’un simple angle d’approche. Elle poursuit, en quelque sorte, un agenda caché. Son but consiste à faire de la « responsabilité » allemande (lisez ici : « culpabilité ») le paradigme dominant, et cela après que plusieurs historiens belges ont eu l’audace de placer la persécution des Juifs dans un contexte belge plus large. Cette responsabilité allemande hante Meinen à l’instar d’un impératif catégorique. Le concept de responsabilité est en soi un concept difficile à manier pour les historiens. La plupart des historiens ne l’utilisent pas dans un sens moral, politique ou juridique. Meinen bien. Pour elle, la responsabilité est une catégorie morale et l’historien intervient comme juge. Cela se reflète notamment par le recours à la « vraie responsabilité » des Allemands (p.221), notion vague sur laquelle repose l’ensemble de son analyse. De cette façon, tout relève de la responsabilité allemande. Aucune place n’est accordée ici à la nuance, ni à l’intervention d’autres responsabilités.

Meinen cherche à promouvoir cette vision étroite dans son livre et dans la promotion qu’elle en fait. Une telle vision a des implications importantes, lesquelles ne sont pas toutes bénéfiques pour la mémoire du judéo­cide en Belgique. Avant de les présenter, je souhaite passer au crible de la critique son style, son argumentation et son analyse.

Une perspective unilatérale

Cet ouvrage est un exemple classique d’historiographie téléologique. Le résultat (ou plutôt, le message) est posé dès le départ. L’ordonnancement du livre répond à ce programme. Une telle construction débouche sur une perspective unilatérale. L’auteur ne voit que ce qui correspond à son message et ignore ou diminue l’importance de tout le reste.

Commençons par son style. Dès la première page, Meinen opte pour un ton particulièrement agressif, notamment à l’égard de Lieven Saerens et des auteurs de La Belgique docile. Ce dernier livre est « entaché de nombreuses lacunes », écrit-elle à la page 11 (il semble que ce reproche s’estompe par la suite). Ce style offensif est, à mon sens, contreproductif. Cela dit, chacun a son style. Ce qui est plus problématique est que Meinen recourt à des stratégies rhétoriques qui ne sont pas honnêtes au plan intellectuel.

Première stratégie rhétorique : Meinen présente comme relevant de sa « découverte » personnelle des éléments qui ne sont pas neufs. Ainsi suggère-t-elle qu’aucun chercheur n’aurait vu telle ou telle chose avant elle ou — pire encore — l’aurait volontairement passée sous silence. Que l’administration militaire (Militärverwaltung) allemande fut le principal moteur de la persécution des Juifs, que la plupart des arrestations furent réalisées par les services allemands, que l’antisémitisme racial n’ait pas été répandu en Belgique avant 1940 : Meinen présente ces différents éléments comme de nouvelles « découvertes ». Je les qualifierais plutôt d’« évidences », lesquelles font partie de la connaissance générale du judéocide en Belgique depuis les travaux de Maxime Steinberg dans les années 1980.

Deuxième stratégie rhétorique : elle consiste à utiliser un détail factuel afin de discréditer une analyse plus large et les conclusions qui en résultent. Le meilleur exemple peut être fourni par l’usage du brouillon d’une lettre du 4 juin 1942 trouvé par Meinen au cours de sa recherche minutieuse dans les archives : celle-ci lui permet d’apporter un nouvel éclairage sur un incident particulier à Bruxelles relatif aux arrestations de militaires (et plus tard des Juifs). Une telle découverte est tout à son honneur : elle permet de nuancer nos connaissances sur ce point précis. Telle est, d’ailleurs, la façon dont la recherche historique a toujours avancé. Cela dit, avec ce brouillon de lettre, Meinen cherche à remettre en question l’analyse faite dans La Belgique docile sur l’attitude des autorités bruxelloises par rapport à la persécution des Juifs et, plus largement, celle des élites belges. En réalité, il faut admettre que cette précision ne remet nullement en cause les conclusions de La Belgique docile portant tant sur Bruxelles que sur la Belgique.

Troisième moyen rhétorique : le recours abusif à des comparaisons internationales. Dans sa conclusion finale, Meinen utilise souvent des exemples tirés des situations française et néerlandaise pour montrer que le rôle des autorités belges a été « surestimé ». À Paris et à Amsterdam, la situation était toujours pire ; n’évoquons pas ici ce qui s’est passé à Anvers. Elle rappelle aussi que la police de la France de Vichy et celle des Pays-Bas occupés ont bénéficié d’une autonomie d’action bien plus grande (a-t-on jamais prétendu le contraire ?). Cela dit, le contexte politique et celui de la police en France et aux Pays-Bas étant radicalement différents, il n’est pas si facile de rapprocher les situations. Le type de comparaison établie par Meinen n’est, en réalité, pas scientifique. Il ne vise qu’à diminuer la responsabilité des autorités anversoises (belges) lors des rafles en 1942, en affirmant que partout ailleurs c’était pire. Ce type de « concurrence des victimes » non seulement n’est pas pertinent, mais il ne peut pas non plus tenir lieu d’argument : il n’a simplement pas de sens.

Meinen applique sa vision étroite (tunnelvisie) à son mode d’analyse. L’historienne se focalise sur les chiffres et succombe à ce que l’on peut appeler un fétichisme des chiffres. Une grande partie de son travail repose sur une analyse détaillée de séries de chiffres. Elle les utilise comme critère unique pour évaluer l’importance scientifique et sociétale de certains évènements historiques. Les rafles à Anvers durant l’été 1942 en sont le meilleur exemple. Meinen affirme qu’on leur a accordé une importance excessive au plan scientifique et dans l’opinion publique. Son principal argument consiste à dire que seuls 18% des Juifs (4 300 personnes) ont été arrêtés lors de telles actions. À ne considérer que la réalité chiffrée, il ne s’agit que d’une minorité de la population juive. Cela permet à Meinen d’affirmer que les rafles n’ont pas été le principal mode d’arrestation et qu’en conséquence, elles ont reçu trop d’attention de la part des chercheurs.

Des questions essentielles ignorées

Selon moi, il s’agit d’un faux raisonnement. L’importance des évènements de l’été 1942 à Anvers se situe-t-elle dans le fait que 8%, 18% ou 28% des Juifs ont été arrêtés à ce moment-là ? Non. Le vrai débat se joue dans les mécanismes sous-jacents : le contexte, les antécédents et les choix individuels de certaines personnes. Comprendre pourquoi un corps de police communal commet certains actes qui vont à l’encontre d’une culture démocratique bien enracinée est important ; une telle interrogation vaut encore aujourd’hui. L’analyse d’un tel comportement permet de comprendre l’importance de ce qui s’est passé au plan scientifique et au plan sociétal. Elle s’adresse non seulement au cas de Bruxelles, mais aussi au rôle de la police et de la gendarmerie belges en général. Ce que, comme coauteur de La Belgique docile, je cherche à comprendre et à établir est comment le système de police d’un État démocratique se transforme graduellement depuis 1940 en un rouage actif d’enregistrement, de contrôle, de poursuites administratives, parfois d’expulsions et aussi peu à peu d’actions diverses de contrôle et de répression (et donc pas simplement d’« arrestations »). Qu’une telle analyse ne puisse offrir, à tous égards, une vue complète avec charge de la preuve vient de l’état parfois très fragmentaire des archives. Meinen saisit des détails comme un brouillon de lettre pour retourner l’ensemble de l’analyse, cela sans arriver pour autant à la réfuter fondamentalement.

Selon Meinen, nous accordons généralement beaucoup trop d’importance aux services d’ordre belges. Le seul critère d’évaluation ici est la quantification de leur participation dans les arrestations directes (celles-ci sont à prendre au sens propre du terme et non pas comme des actions de contrôle ou de répression). Meinen ne tient pas compte de certains éléments pourtant essentiels : les choix stratégiques et idéologiques des élites belges en 1940 et, en ce qui concerne la collaboration non contrôlée au niveau local, les possibilités d’opposition stratégique qui n’ont volontairement pas été mises en œuvre à divers moments clés. Du reste : dans quelle mesure peut-on relier le succès de ces arrestations effectuées par les Allemands après l’été 1942 à la préparation systématique réalisée par les services d’ordre belge ? Voilà une question essentielle que Meinen ne pose même pas.

Meinen ne s’intéresse tout simplement pas aux questions qui pourraient affaiblir le « message ». Une tournure révélatrice se trouve dans la manière dont elle parle du refus des autorités bruxelloises de collaborer en juin 1942. Dans La Belgique docile (et dans d’autres travaux), on a accordé une grande importance aux motivations d’arrière-plan et au contexte. Par exemple, on s’est penché sur la façon dont la lettre de refus de juin 1942 avait été rédigée. La formulation en dit long sur les motifs et les attitudes des autorités bruxelloises à ce moment-là (et cela bien que les interprétations divergent). Meinen estime qu’une telle analyse n’a pas de sens : « Quelle que fut la motivation, il faut voir comment ils agirent » (p. 35). Ce jugement est révélateur. Meinen affirme ici que, en tant qu’historienne, elle ne s’intéresse pas aux questions qui me paraissent essentielles. Constater comment quelqu’un a agi, tout le monde peut le faire. Expliquer pourquoi, telle est la tâche de l’historien.

Puis-je dès lors en tant qu’historien répliquer de manière critique ?

Meinen prend à peine en compte le contexte belge et la littérature scientifique. Elle mélange les courants politico-idéologiques. Elle tient pour acquis que l’antisémitisme racial nazi était, en grande partie, un « produit d’importation » allemand (à nouveau : quelqu’un a-t-il jamais prétendu le contraire ?). Mais qu’en est-il de la xénophobie dans la société belge ? Qu’en est-il de l’indifférence à l’égard de la politique antijuive, certes difficile à cerner, qui a touché de larges parts de la population ? Qu’en est-il des changements stratégiques d’attitudes au cours de l’occupation ? Meinen recourt à des thèses qui, de toute évidence, sont parfois fausses. Dans sa conclusion finale, elle affirme soudain comme un fait établi « que la population belge se montra maintes fois solidaire » (p. 245). Elle ne peut certainement pas faire valoir une thèse aussi surprenante à partir de sa recherche fondée sur des sources allemandes. Cette position va aussi à l’encontre des publications des historiens belges. Avec beaucoup de bonne volonté, je pourrais tout au plus qualifier cette thèse d’« hypothèse de travail ».

Meinen prétend aussi que son livre répertorie pour la première fois les réactions de la population juive. Cela, à nouveau sur la seule base de sources allemandes, car elle n’utilise aucun ego-document ni aucun témoignage d’après-guerre, etc., venant des Juifs eux-mêmes. Cette vue étroite concerne également l’ensemble de l’analyse des sources.

Un autre exemple. Meinen minimise le rôle des collaborateurs belges. Elle présuppose toujours que l’antisémitisme racial ne fait pas partie de leur culture politique. Comme source de ce verdict assez étonnant, elle renvoie à une conférence que j’ai moi-même donnée en 2002 à Amsterdam (p.25). Étant auteur de cette conférence, je pense pouvoir affirmer que cette référence a été quelque peu maladroitement sortie de son contexte. Encore une fois, Meinen fait l’impasse sur une bibliothèque entière de littérature belge consacrée à ce sujet. Elle manque (à nouveau) sa cible. Le vrai rôle joué par les collaborateurs belges est bien plus complexe que d’avoir seulement facilité les arrestations (au sens propre du terme) individuelles. Parmi les facteurs essentiels se trouve leur haut degré d’infiltration dans le système administratif belge (en tous les cas au niveau local), la pression qu’ils pouvaient exercer sur les fonctionnaires et la police, leur contamination idéologique du système et — surtout — les renseignements qu’ils donnaient directement et indirectement aux Allemands. De qui les Allemands recevaient-ils leurs informations ? Comment ont-ils pu dépister, mettre la main et identifier les Juifs cachés après l’été 1942 ? Voilà une question essentielle, en grande partie passée sous silence par Meinen. Un dernier exemple. Selon elle, le refus de collaborer des autorités belges ne se limite absolument pas aux Juifs qui ont la nationalité belge (p. 35). Elle affirme cela sur la base de la lettre du bourgmestre de Bruxelles en juin 1942. Mais une seule lettre ne peut suffire à nier un cadre d’interprétation établi à partir d’une documentation plus abondante. Cette manière de faire illustre encore comment Meinen intègre chaque document de façon à ce qu’il soutienne le message univoque du livre.

Un retour en arrière regrettable

Selon moi, le livre de Meinen opère un retour en arrière dans l’évolution de l’historiographie belge. Après un départ lent, l’historiographie scientifique sur la Deuxième Guerre mondiale et la persécution des Juifs en Belgique a rattrapé son retard. La problématique de la persécution des Juifs est intégrée au contexte belge. Une attention critique a été portée au rôle des élites belges avant, pendant et après la Deuxième Guerre mondiale. La Belgique docile se situe dans ce nouveau développement. Meinen cherche, quant à elle, à renverser la machine. Les implications de son livre pour le débat scientifique et sociétal sur la persécution des Juifs en Belgique sont importantes. C’est pourquoi dans ce débat, nous avons pris soin de ne pas recourir à des oppositions en noir et blanc. Il ne me semble d’ailleurs pas opportun de suivre ce chemin. J’ai mentionné plus haut la promotion agressive caractéristique du « bon marketing » de Meinen. Il y a naturellement plus que cela. Les vraies raisons de son ton tranchant et agressif sont qu’elle n’accepte aucune vision alternative ou complémentaire. Elle considère certains travaux fondamentaux comme étant incompatibles avec sa propre vision. Par conséquent, il faut les discréditer : cela ne peut se faire qu’à l’aide de faux arguments et d’analyses mal conduites.

N’est-il pas pertinent de chercher à savoir comment des autorités travaillant dans une culture démocratique bien enracinée telle que celle de la Belgique se sont révélées capables de passer assez facilement au soutien actif à une politique de persécution raciste ? N’est-il pas légitime qu’en Belgique, au sein de l’espace public démocratique belge, on accorde une attention particulière au rôle des élites et à celui des collaborateurs belges ainsi qu’aux implications actuelles de tels actes ? Poser la question, c’est déjà y répondre.

Pour toutes les raisons évoquées ici, le livre de Meinen représente, à mon avis, un retour en arrière sur le plan scientifique et une occasion manquée de débat public.

traduit du néerlandais par Geneviève Warland

[1Insa Meinen, Die Shoah in Belgien, Wissenschaftliche Buchgesellschaft, 2009. Traduction néerlandaise : De Shoah in België, Uitgeverij De Bezige Bij, 2011 et traduction française : La Shoah en Belgique, Renaissance du livre, 2012. Les pages citées entre parenthèses dans le compte rendu correspondent à la publication du livre en néerlandais.

[2Rudi Van Doorslaer (dir.), Emmanuel Debruyne, Frank Seberechts, Nico Wouters, La Belgique docile : les autorités belges et la persécution des juifs en Belgique durant la Seconde Guerre mondiale, Luc Pire, 2007.

Le terme d’Historikerstreit (querelle des historiens) renvoie au débat animé en Allemagne à la fin des années 1980 sur la place à accorder à la Shoah dans l’histoire allemande. Il opposa les historiens conservateurs qui cherchèrent à la relativiser en la comparant aux crimes du stalinisme et les historiens de gauche, emmenés par le philosophe Jürgen Habermas, insistant sur sa singularité.