L’union des Européens à l’épreuve des nations

Olivier Dupuis

Si la crise est essentiellement politique, comme le crient dans le désert maints économistes, et non des moindres, où est ce cœur du problème ? Sommairement, la dérive peut s’exprimer ainsi : toujours trop peu, toujours trop tard dans le cadre d’une concentration de plus en plus grande sur le seul cénacle intergouvernemental. L’alternative à ce fédéralisme des exécutifs avec prédominance des États plus puissants ne peut consister ni dans une juxtaposition des États nations ni dans la constitution des États-Unis d’Europe. Dès lors, que pourrait être cette « fédération d’États nations » que Jacques Delors appelait de ses vœux ? Des mécanismes institutionnels permettraient de lever le déséquilibre actuel en instaurant une dialectique entre les États membres et l’Union européenne. Plus précisément différents niveaux de pouvoir à articuler devrait placer les citoyens au cœur du processus de sélection des gouvernants de l’Union et mettre en place un véritable exécutif. Certes, l’avancée dans la direction ainsi esquissée ne peut être que progressive : renforcer un premier cercle d’États qui s’y engagent tout en préparant les élargissements futurs.