L’islam et l’image : entre apories et désastres

Mostafa Chebbak

La question de l’image, saisie dans sa stricte réception esthétique, ne peut échapper à une approche comparée entre deux paradigmes culturels aujourd’hui déterminants : l’Occident moderne et l’Orient musulman. Il s’agit en gros de savoir pourquoi la culture européenne a-t-elle pu apaiser sa relation avec la représentation iconographique de l’existant dans sa totalité (minéral, végétal, animal, humain…) à la suite de l’accumulation millénaire d’une plastique figurale qui remonte au legs gréco-romain. Alors que la culture musulmane, de culte sunnite essentiellement, a sombré dans la nuit millénaire qui a englobé non seulement les manières de voir et de juger, mais aussi les modes d’être et d’exister, à cause d’un iconoclasme érigé en norme de vie et de culture.