L’acier en fusion : le duel entre Mittal et Arcelor

Michel Capron

Rendue publique le 27 janvier dernier, la nouvelle de l’offre publique d’achat (O.P.A.) du premier groupe sidérurgique mondial, Mittal Steel, sur le deuxième, le groupe Arcelor, a incontestablement constitué une surprise dans les milieux sidérurgiques et financiers mondiaux. Mittal, le « prédateur », fait la tournée des capitales européennes concernées (Luxembourg, Paris, Bruxelles, Madrid) pour y répéter à satiété le caractère pacifique de ses intentions  : pas de fermetures, respect des accords signés par Arcelor, complémentarité des deux groupes, etc. L’accueil de Guy Dollé, P.-D.G. d’Arcelor, est glacial et condescendant, les Premiers ministres luxembourgeois (Jean-Claude Juncker) et français (Dominique de Villepin) sont franchement hostiles, Madrid se dit opposé, les syndicats de la Fédération européenne des métallurgistes (F.E.M.) sont unanimement hostiles à l’offre. Chez nous, en ce début de février, les pouvoirs publics fédéraux et régionaux préfèrent attendre  : « Voyons d’abord ce que propose Mittal puis on avisera... », une attitude ambivalente mais qui peut s’expliquer. Contexte, contours et éventuelles retombées de ce projet de « méga-fusion ».