L’Orissa voit rouge, exploitation minière et destruction de l’écosystème

Cheyenne Krishan

Dans une Inde à l’heure de la libéralisation économique, les géants miniers se poussent au portillon pour revendiquer une part de ses richesses minérales. Au centre de cette convoitise se trouve l’Orissa. Cet État avec un sol aussi riche que sa population est pauvre combine l’attrait d’un minerai de qualité à bas prix, une main-d’œuvre bon marché, des officiels peu regardant en matière d’environnement et la proximité de zones portuaires. L’activité minière qui s’y déroule détruit l’environnement, pollue les cours d’eau et provoque des déplacements de populations qui, privées de leurs ressources naturelles, deviennent incapables d’assurer leur survie. Cette exploitation démesurée de l’environnement et l’indifférence dont font l’objet les populations locales sacrifiées pour le profit de bénéficiaires lointains sont en train de nourrir des conflits violents dans les zones reculées de l’Inde en proie au naxalisme. Ce mouvement révolutionnaire maoiste, lancé en 1967 à Naxalbari au Bengale-Occidental, s’étend depuis le rassemblement en 2004 de plusieurs groupes révolutionnaires sous la bannière du Parti communiste indien maoïste. Actif dans seize des vingt-huit États indiens, son emprise dans les régions qui se situent en marge de la croissance économique ne cesse de croître.