L’Art, une exception démocratique ?

Théo Hachez

Le gouvernement de la Communauté française s’apprête à mettre fin à un délire juridico-administratif vieux de près de trente ans, celui de l’organisation et du financement de l’enseignement supérieur artistique. De cela, tout le monde (y compris les quelques six-mille étudiants concernés) ne peut que se réjouir : on va certainement vers plus de transparence et de clarté pour tous. Plus d’égalité ? C’est à voir, car l’ambition de la ministre se limite à poser un vernis légal sur des disparités actuelles. En tout cas, la précarité du financement et surtout celle d’enseignants arrivant au sein de la pension sans voir été nommés devraient bientôt appartenir au passé. Et le pacte scolaire, après cinquante ans de bons et loyaux services partout ailleurs, devrait enfin s’appliquer dans un secteur où — paradoxe — les pouvoirs organisateurs de l’enseignement officiel (y compris la Communauté française elle-même) se sont mis en marge de leur propre légalité.