Israël abandonné par ses pères

Francis Martens

Israël, soyons clair, n’est pas l’Afghanistan, ni la Birmanie, ni le Tibet. Les situations sont sans commune mesure. Israël demeure une démocratie — même si approximative et à l’évolution douteuse. Pourquoi dès lors ce souci médiatique ? Pourquoi, à la fois cet excès d’images et de mots et cette peur de la parole ? S’agit-il des noces obscures de la fascination pour "les juifs" et de la crainte du "politiquement incorrect" ? Pourquoi tant s’intéresser à Israël et si peu à la Tchétchénie ? Pourquoi tant s’intéresser à l’"État hébreu" et le mettre si peu devant ses responsabilités ? Ces questions ne sont pas académiques. Les réponses ne peuvent l’être non plus. Pour se forger une attitude politique — et quitter une position passionnelle —, il importe de nommer les choses de façon aussi juste que possible.