International. La division de l’Occident

Jean De Munck

Depuis le 11 septembre 2001, l’Europe et les États-Unis mesurent (mieux encore qu’avant) l’ampleur de leurs divergences sur la gouvernance mondiale en général et sur la politique moyen-orientale en particulier. La victoire de gauche aux élections allemandes de ce 20 septembre 2002 a encore durci l’opposition d’un « pacifisme » allemand face au « bellicisme » américain. Cette différence trouve une source très profonde dans l’expérience historique et morale des deux côtés de l’Atlantique après 1945. À partir de cette évolution séparée, Européens et Américains perçoivent la menace terroriste, la question de la démocratisation du monde arabe et le dossier israélo-palestinien dans des cadres radicalement différents. Pourquoi articuler une approche commune et « occidentale » si on n’est d’accord ni sur le plan moral ni sur le plan stratégique ? Autopsie d’un différend qui pourrait structurer, demain, l’avenir du monde dit « occidental ».