Institutions for Future Generations, d’Iñigo Gonzáles-Ricoy et Axel Gosseries

Eva-Maria SchäfferleRaul Magni-Berton

L’argument développé défend l’idée selon laquelle donner des droits politiques aux générations futures conduit à une remise en cause de la démocratie comme régime le plus adapté à promouvoir la justice. En effet, en reconnaissant ces droits politiques, nous nous trouvons face à un dilemme. Soit les intérêts des générations futures ne sont pas représentés, et seules les générations présentes prennent les décisions. Dans ce cas, nos régimes ne seraient plus démocratiques, mais des oligarchies contrôlées par ceux qui sont vivants. Soit les générations futures ont leur mot à dire et, dans ce cas, dans la mesure où elles ne peuvent exprimer elles-mêmes leurs préférences, devront être représentées par des individus vivants. Mais cette forme de représentation ne serait pas moins oligarchique puisque le sort d’une multitude (les générations à venir) serait déterminé unilatéralement par un petit nombre d’individus (les représentants de la postérité) dont le pouvoir n’est ni légitimé ni contrôlé par les premiers. De plus, au lieu d’atteindre son objectif d’augmenter la justice intergénérationnelle, la représentation des générations futures met en danger l’égalité démocratique parmi les vivants, puisque le pouvoir qui découle du titre de représentant de personnes dont les intérêts sont inconnus n’est pas sans rappeler celui des leadeurs des régimes théocratiques.