Il n’y aura pas de miracle à gauche

Paul Aimant

La condamnation classique des partis de gauche qui, parvenus au pouvoir, seraient incapables d’appliquer leur programme ou deviendraient des « traitres » est démentie par une analyse des effets structurels du jeu politique. Ainsi, en Belgique, comme en France, les partis de gauche se sont ralliés depuis longtemps aux thèses néolibérales. La structure des partis s’est elle-même modifiée, se professionnalisant au détriment de la filière militante. Comme d’autres institutions, ils n’échappent pas aux évolutions sociales, notamment la généralisation du modèle entrepreneurial. Enfin, c’est une illusion de croire que l’on pourrait élaborer une voie médiane entre la logique social-démocrate et la logique néolibérale puisque le néolibéralisme, projet cohérent et indivisible, concerne tous les aspects de la vie sociale et de la vie quotidienne.