"Histoire vivante" entre science et loisir

Pierre Lierneux

La reconstitution historique trouve sa source voici cinquante ans aux États-Unis, et a été exportée en Europe une vingtaine d’années plus tard. Contrairement aux manifestations commémoratives précédentes, elle fait appel à des associations de bénévoles qui ont vocation à devenir permanentes et qui ne s’attachent plus désormais à un site particulier. Largement exploité à des fins commerciales, ce phénomène sociétal récent a fait progresser l’étude de l’objet, son usage et sa mise en contexte, en ouvrant des perspectives intéressantes pour les organismes chargés de promouvoir le patrimoine touristique mobilier ou immobilier. Mais peu ou pas sponsorisés, les groupes de reconstitution doivent de plus en plus souvent veiller, du fait de l’engouement qu’ils provoquent, à ne pas amoindrir la qualité de leurs prestations devant l’afflux de nouvelles recrues, parfois issues du monde du folklore, et à ne pas sortir du cadre purement interprétatif de l’histoire qu’ils se sont imposé, en étant tentés de s’éloigner des sources dans le seul but d’étayer une thèse, ou en devenant instruments de ceux qui seraient tentés d’utiliser ces cycles commémoratifs à des fins politiques.