Grèce. L’essor de l’extrême droite

Isabelle Dépret

En Grèce, l’un des phénomènes politiques marquants de l’année 2012 a sans doute été l’entrée au Parlement de dix-huit députés de tendance « néonazie ». Du milieu des années 1970 aux années 2000 - alors même que l’extrême droite réalisait des scores substantiels ailleurs en Europe - la Grèce semblait sur ce point préservée, du moins au plan électoral. L’essor récent de la droite extrême marquerait-il simplement l’insertion de la Grèce dans la « norme » européenne ? Représente-t-il l’un des produits de la crise ? Comment comprendre la croissante popularité d’une formation manipulant des symboles nazis dans un pays qui fut occupé par les forces de l’Axe, de 1941 à 1944 ? Les causes de ce succès résideraient-elles dans l’articulation entre un contexte socioéconomique critique et un terreau plus ancien, plus profond et jusqu’alors sous-jacent ?