Grande-Bretagne. Tony Blair "modernisateur" de choc

Philippe Marlière

La troisième voie de Tony Blair et du "New" Labour mène à une politique "libérale-paternaliste". Libérale dans sa pratique du laisser-faire en matière économique (dérégulation du marché du travail, privatisation des systèmes pénitentiaire, éducatif, de santé, de transport). Paternaliste dans sa gestion de l’insécurité sociale engendrée par la dérégulation en cours. L’éthique blairiste stigmatise ainsi les "mauvais parents", les "mauvaises écoles", les "pauvres indépendants", responsables désormais de leur sort… La Grande-Bretagne a, sur cette "troisième voie", abandonné une conception de la citoyenneté fondée sur des droits universels et inconditionnels. Les tendances ici mises en évidence sont largement explicitées dans le discours du trône et semblent s’annoncer comme l’axe de la campagne des travaillistes pour les élections législatives de mai 2001.