Faut-il avoir peur de la propagande russe ?

Baptiste Campion • le 19 décembre 2016
Russie, Médias, Propagande.

Après la chute du Mur et la désagrégation de l’URSS, on l’avait crue remisée avec les reliques de la guerre froide et la voilà qu’elle revient : la propagande russe et son influence présumée sur les opinions occidentales !

Depuis l’élection américaine en novembre, il n’est pratiquement pas un jour où la presse américaine ou internationale ne se demande dans quelle mesure la Russie a pu peser dans le scrutin. À côté de l’affaire du piratage du serveur de courriels de l’équipe d’Hillary Clinton, la Russie a été pointée du doigt pour la diffusion massive de « fausses nouvelles » qui auraient contribué à renforcer Donald Trump. Dans la foulée, des craintes d’actions similaires ont été exprimées pour d’autres pays, notamment l’Italie (avec le mouvement populiste « 5 Étoiles » qui semble s’enraciner durablement) et la France (où au moins trois candidats à la présidentielle ne font pas mystère de leur proximité avec les thèses du Kremlin sur un certain nombre de sujets [1] : Marine Le Pen, François Fillon et Jean-Luc Mélenchon). Plus récemment, la presse [2] a mis en cause la propagande russe dans les nombreuses mises en cause virales de l’honnêteté des médias occidentaux dans leur couverture de la bataille d’Alep et de la situation en Syrie.

Ces accusations d’intervention de la « propagande russe » dans notre espace médiatique déchainent les passions, notamment sur les réseaux sociaux. S’y affrontent ceux qui diagnostiquent une ingérence qui pourrait expliquer la montée des populismes extrémistes et ceux qui nient le phénomène et évoquent la spontanéité d’un « réveil des peuples » contre leurs élites. De quoi la « propagande russe » est-elle donc le symptôme et pourquoi semble-t-elle gagner du terrain chez nous ?

« Propagande », vraiment ?

Il faut d’abord souligner l’ambigüité du terme « propagande » [3]. D’abord, à cause de ses connotations négatives, il est généralement considéré comme disqualifiant et fait dès lors obstacle à un débat rationnel. Ensuite, cette notion est souvent floue aux yeux du grand public, lequel tend à opposer de manière simpliste vérité et propagande, allant parfois jusqu’à confondre cette dernière avec le « faux ». C’est oublier que tout média est par nature une construction représentationnelle, ce qui implique nécessairement un regard sur le monde : aucun média n’est le monde. C’est également omettre que la propagande se définit par la volonté d’influence du récepteur et non par le mensonge, lequel n’est qu’une technique de propagande parmi d’autres.

Cette confusion mène souvent à d’interminables guerres de position où des personnes en désaccord chercheront à prouver que leurs sources sont « vraies » alors que celles de l’adversaire n’auraient aucun intérêt du fait de leur caractère propagandiste, donc mensonger. La discussion sera impossible, alimentera la défiance et la fragmentation sociale.

Dans cet article, notre objectif n’est pas définitionnel, mais plutôt de montrer comment et pourquoi certains médias russes, que l’on les considère ou non comme relevant de la « propagande », sont aujourd’hui au cœur des interrogations sur la manière dont certaines parties de la population construisent leur vision du monde.

La « propagande russe » : de quoi parle-t-on ?

Tel qu’employé ces derniers jours dans nos médias, le terme de « propagande russe » recouvre en général deux choses.

D’une part, il désigne par là les « médias russes » gouvernementaux [4], et plus précisément deux d’entre eux proposant des programmes dans plusieurs langues étrangères : Sputnik et RT. L’agence Sputnik est née en 2014 de la fusion, sous l’égide du ministère russe de la Presse et de l’agence Rossia Segodnia (organisme officiel de communication de la diplomatie russe), du réseau de radios La voix de la Russie et de l’agence de presse RIA Novosti. Diffusant principalement sur Internet, elle propose des dépêches écrites, des programmes de radio en 30 langues ainsi que des reportages et émissions télévisées dans les principales langues occidentales. Sa mission est d’apporter « un regard russe sur l’actualité ». La télévision RT (anciennement Russia Today) est une chaine d’informations en continu financée par l’État russe et opérée depuis les locaux de Sputnik à Moscou (et de bureaux dans les principales capitales du monde). Comme Sputnik, elle est diffusée en plusieurs langues, majoritairement sur Internet, et sa mission est de porter une vision « impartiale » de la Russie et du monde. Les deux médias sont donc étroitement imbriqués institutionnellement et dépendent directement des autorités gouvernementales russes avec une mission explicite d’influence sur les publics étrangers auprès desquels il conviendrait, selon ces mêmes autorités, de contrer la « propagande occidentale ».

D’autre part, il est souvent fait allusion à la mystérieuse Internet Research Agency, implantée à Olgino dans la banlieue de Saint-Pétersbourg. Supposément financée par un oligarque proche du Kremlin, celle-ci est décrite par d’anciens membres interrogés par le New York Times comme employant plusieurs centaines de personnes dont le travail consisterait à alimenter les réseaux sociaux avec des messages favorables à Vladimir Poutine (principalement en Russie) ou diverses rumeurs (en Occident), ce dans plusieurs langues. Cette stratégie du pourrissement à grande échelle des échanges en ligne jugés défavorables à la Russie lui a valu le surnom « d’usine à trolls [5] » du Kremlin. C’est cette « usine » qui a été pointée du doigt, durant la campagne américaine, dans la diffusion aux États-Unis de centaines de rumeurs défavorables à Hillary Clinton.

Comment cette « propagande » opère-t-elle ?

La propagande soviétique se caractérisait par son important contrôle vertical. L’organisation hiérarchique était supposée garantir la diffusion d’un message unique et cohérent à destination de l’ensemble des partis communistes et des opinions publiques du monde via les grands médias : l’URSS incarnait le modèle unique d’émancipation des peuples et, de succès en succès, menait l’Humanité vers la félicité du socialisme réel.

Force est de constater que les médias gouvernementaux russes actuels ne relèvent pas de ce modèle, bien au contraire. Ce qui frappe dans leurs publications, c’est le ton direct et « branché » sur une variété immense de sujets, à l’opposé de l’austérité martiale des agences soviétiques après la prise du pouvoir par Staline. Bien que la Russie soit assez peu connue pour sa grande liberté de presse, Sputnik et RT, avec leur ton décontracté voire insolent, ne semblent pas être « la voix de leur maitre ». À côté des inévitables grands titres de l’actualité russe et étrangère et de reportages de terrain [6], ces médias fournissent une incroyable diversité de sujets et d’intervenants et n’hésitent pas à aborder les thèmes a priori défavorables au Kremlin. Une diversité telle qu’on y trouve tout et parfois, littéralement, n’importe quoi. Tranchant avec ce qui se fait souvent dans les médias gouvernementaux, la moindre rumeur a droit à son article : Hillary Clinton serait en réalité morte et remplacée en campagne par une comédienne (Sputnik Fr, 15/09/2016), ou serait une Illuminati [7] (RT En, 13/10/2015), etc. Les thèmes traités et les titres sont plus proches de ceux des sites occidentaux faisant le buzz sur les stars de la téléréalité que de l’agence TASS de l’époque brejnévienne…

Bien sûr, ces « informations » ne sont pas explicitement présentées comme vraies, mais au moins comme des hypothèses avancées par certaines sources ou qui seraient étayées par des « éléments troublants » dans la pure tradition complotiste. Sont par exemple épinglés le malaise de la candidate démocrate ou la présence d’un triangle dans le logo de la boite de communication réalisant une partie de ses messages. Se contentant de rapporter sans mise en perspective, le média semble considérer que ces nouvelles suffisamment importantes justifient un papier. Comme sur n’importe quel sujet, il y a toujours une source pour dire une chose et une autre pour affirmer son contraire, sur RT ou Sputnik, les deux ont droit à leur article. Le média peut donc, à quelques jours d’intervalle, publier des articles contradictoires sans que cela ne semble poser de problème. Par exemple, Sputnik (Fr) avance que l’examen des données satellite américaines permet d’écarter l’hypothèse selon laquelle le vol MH17 aurait été abattu par les rebelles ukrainiens pro-russes (21/03/2016), tout en affirmant la semaine suivante que ces mêmes données n’ont jamais été communiquées à quiconque parce qu’elles seraient compromettantes (31/03/2016), ces révélations faisant elles-mêmes suite à une série d’articles présentant des preuves supposées d’innombrables autres causes à la catastrophe (l’avion aurait été abattu au canon ou par une bombe à bord, les Américains auraient tenté de tuer Vladimir Poutine, aucun avion ne se serait écrasé et ce serait une mise en scène pour sanctionner la Russie, etc.).

Dans ce cas précis, on pourrait bien sûr voir une stratégie classique de « noyage de poisson », des écrans de fumée dans un dossier potentiellement compromettant pour la Russie. Mais cette interprétation semble limitée, dans la mesure où l’on peut observer le même genre de paradoxes dans la plupart des sujets même les moins politiques : l’alimentation, l’astrophysique ou les civilisations antiques… Ce faisant, bien plus qu’une vision « russe » du monde, ce qui relie ces articles en apparence contradictoires est la constante mise en avant de l’impossibilité de savoir la vérité sur quoi que ce soit. « On ne s’y retrouve plus », semblent dire ces médias, pourtant en partie à l’origine de la confusion qu’ils dénoncent. Toutes les nouvelles qui se succèdent se valent, sont présentées comme des hypothèses égales dans un monde incertain caractérisé par le mensonge généralisé des élites et des médias (occidentaux, s’entend). La parodie a exactement la même place que l’information factuelle ou l’analyse, comme lorsque Sputnik (Fr) publie dans son dossier consacré à la Syrie un article sur les évaluations américaines de l’action russe commençant ainsi : « Enfin une explication "vraisemblable" des progrès de la Russie sur le sol syrien : M. Poutine le doit aux extraterrestres qui lui livrent des secrets sur la meilleure façon de mener efficacement le combat ! » (27/08/2016).

On ne sait rien, on ne peut rien savoir, tout le monde ment et on en rit. Contrairement à la propagande classique, ces médias ne véhiculent pas une vision du monde, ils les véhiculent toutes en même temps, dans une sorte de patchwork confusionniste et relativiste non hiérarchisé (au point que certains parlent d’ère « post-factuelle », où la réalité des faits importe moins que le discours qu’on peut tenir sur le monde). Sputnik, c’est un peu Le Figaro et Le Gorafi en même temps, prétendant faire par là la critique des « médias dominants ».

Pourquoi ça marche ?

S’ils disent (aussi) n’importe quoi, pourquoi y a-t-il en Occident des gens pour les croire ? Le nombre de retweets et forward sur divers réseaux sociaux montre en tout cas que ces publications en français ou en anglais ont un vrai public [8].

Pour le comprendre, il faut se pencher sur la manière dont ces informations sont construites et diffusées : en ligne, sous forme d’articles ou de capsules vidéo brèves et autonomes avec un titre assertif se prêtant parfaitement à une diffusion virale. Mettant eux-mêmes leurs contenus à disposition sur différentes plateformes (Youtube et Facebook, notamment), ces médias favorisent leur partage massif. Le caractère apparemment incohérent des informations publiées n’est pas un vrai problème : chacun, de l’extrême droite identitaire à la gauche anti-impérialiste complotiste, ne va chercher (et propager) que les informations qui l’intéressent et qui confortent ses a priori. Comme ces médias proposent à peu près toutes les opinions sur tous les sujets, pourvu qu’elles se présentent comme en rupture avec la « pensée dominante », n’importe quel groupuscule qui cherche une reconnaissance symbolique de ses thèses par un grand média international a des chances de trouver son bonheur sur Sputnik ou RT. Ceux qui dénoncent les « mensonges des médias dominants » y trouvent nombre d’informations « cachées » en Occident. Ces agences russes n’hésitent d’ailleurs pas à inviter extrémistes et complotistes occidentaux notoires en les présentant comme des politiciens respectables ou comme de « grands intellectuels » [9], permettant ensuite une reprise de ces interviews par les sites de ces militants.

La force de persuasion de ces médias russes ne repose donc pas tant sur une adhésion à une doctrine précisément définie et propagée par des relais clairement identifiés (comme c’était le cas du temps de l’URSS) que sur leur capacité à fournir à toute une série de publics ayant en commun une défiance plus ou moins développée envers ce qu’ils nomment « le système » (politique, économique ou médiatique) des informations correspondant à ce qu’ils attendent, à leur vision du monde. RT et Sputnik ne cherchent pas à convaincre, ils alimentent des gens déjà convaincus avec des produits médiatiques et symboliques faits sur mesure pour être réappropriés et recyclés dans leurs combats locaux.

La « propagande russe » est-elle un danger ?

Le débat fait rage aux États-Unis et ailleurs. Des articles douteux, ou quelques fuites diffusés en grand nombre, suffisent-ils à « faire » l’élection dans une des plus grandes et anciennes démocraties du monde ? Probablement pas : les États-Unis n’ont pas eu besoin d’attendre Vladimir Poutine pour générer leur lot de conspirationnistes paranoïaques de tous poils, loin de là ! Par contre, il est vraisemblable que ces communautés d’opinions, anciennes et plus ou moins largement implantées, aient trouvé dans ces médias matière à renforcer leur vision du monde et qu’elles s’en servent (entre autres choses) pour faire basculer l’opinion des gens les plus indécis.

De ce point de vue, Donald Trump a sans doute raison d’affirmer qu’il n’a pas besoin de la Russie pour gagner les voix d’une partie de l’Amérique : les médias russes accompagnent le mouvement populiste et confusionniste bien plus qu’ils ne le créent. On peut faire la même hypothèse à propos des mouvements populistes européens, désormais solidement implantés dans nombre de pays : ce ne sont bien sûr pas des « créations » des services secrets russes, mais ils recyclent allègrement dans leurs propres réseaux les thèses conspirationnistes correspondant à leur vision du monde. Si on se limite à la francophonie, on peut faire ce constat tant dans la « fachosphère » que dans la nébuleuse des sites de gauche radicale et antimondialisation flirtant avec le conspirationnisme.

Que faire ? Du côté des autorités politiques, on prend conscience du phénomène et on envisage une « riposte » avec la mise en place d’actions de communication stratégique destinées à « contrer » l’influence russe. Par exemple, si la mise en place d’une chaine de télévision européenne, proposée par les pays baltes (qui craignent une reproduction du scénario ukrainien dans leurs frontières) a (provisoirement ?) été écartée, l’Union européenne a lancé une équipe chargée de travailler sur de nouvelles formes de communication. Ces initiatives sont sans doute nécessaires car la communication des États européens est très en « retard » par rapport à une communication russe qui a tiré tout le parti de la puissance virale de l’Internet. Ne pas « occuper le terrain » revient à laisser le champ libre à toute une série de théories douteuses et/ou dangereuses [10]. On peut toutefois se demander quelle serait la pertinence de la réponse propagandiste à la propagande. Quelle serait l’efficacité de cette stratégie dans un contexte bien réel de défiance envers les « médias officiels » (de nos pays) qui caractérise ces mouvements ?

Une autre piste souvent évoquée est celle d’un contrôle technique et législatif accru de la presse et de l’Internet. Cette voie est de plus en plus suivie dans le cadre de la lutte contre les mouvements terroristes, comme le fait par exemple la France en pénalisant la consultation de sites de propagande djihadiste, et cherchant à interdire techniquement l’accès à des sites identifiés comme potentiellement « hostiles ». C’est la voie suivie par la Russie et, surtout, la Chine (avec sa « grande muraille numérique » verrouillant quasi totalement l’Internet chinois) afin de contrôler ce qui circule en ligne et de limiter les possibilités d’influence extérieure. Mais cette approche est porteuse de nombreux risques de dérives liberticides et il n’est pas anodin de voir que ce modèle est avant tout mis en œuvre par des États autoritaires ou totalitaires.

On ne peut pas considérer de telles actions comme suffisantes ou totalement satisfaisantes. À moins de souhaiter une dictature, ces barrières n’empêcheront nullement les citoyens de penser ce qu’ils veulent, et de chercher à alimenter cette pensée comme ils le peuvent. La meilleure prévention possible est peut-être de miser sur l’intelligence critique des citoyens afin de leur permettre d’évaluer plus correctement les médias qui les séduisent comme ceux qu’ils abhorrent. En d’autres termes : l’éducation. Ce que les experts de l’éducation aux médias appellent la « littératie médiatique », c’est-à-dire l’ensemble des compétences nécessaires pour évoluer de manière autonome et critique dans un univers médiatique dense et complexe, est plus que jamais indispensable pour tous.

[1Ces prises de position intervenant par ailleurs dans le contexte de la publication de plusieurs ouvrages consacrés aux réseaux d’influence russes en France. Hénin N. (2016), La France russe. Enquête sur les réseaux de Poutine, Paris, Fayard. Vaissié C. (2016), Les réseaux du Kremlin en France, Paris, Les petits matins.

[2Voir par exemple Libération ou Le Monde.

[3Notons que le sens du mot lui-même a évolué, n’acquérant son sens actuel (négatif) qu’à l’issue de la Seconde Guerre mondiale.

[4Précisons que ces médias très particuliers ne résument pas tout le paysage médiatique russe. Les journalistes russes travaillent souvent dans des conditions très difficiles, tous médias confondus.

[5Sur Internet, un « troll » est une personne qui cherche à pourrir des échanges en ligne en suscitant ou alimentant artificiellement des polémiques.

[6RT couvre les conflits ukrainien ou syrien, souvent en première ligne et principalement du côté des alliés de Moscou.

[7Les Illuminati sont une société secrète d’inspiration maçonnique qui a existé en Bavière à la fin du XVIIIIe siècle (comme il en existait alors beaucoup). Une théorie complotiste aujourd’hui très répandue sur le web affirme que cette société existerait toujours, en particulier aux États-Unis, avec pour but de diriger secrètement les affaires du monde, sur un modèle inspiré du mythe du « complot juif » et maçonnique décrit dans le texte antisémite des Protocoles des sages de Sion. Cette théorie s’appuie notamment sur la présence sur les billets d’un dollar d’un œil surmontant une pyramide, symbole supposé indiquer la main-mise des Illuminati sur l’État américain. C’est ce symbole que RT pense avoir décelé dans le logo de la start-up The Groundwork mandatée pour la campagne d’Hillary Clinton.

[8Même si ce serait à nuancer, des « bots » pouvant contribuer à la propagation de ces articles, comme l’ont soupçonné certains médias américains à propos de la campagne présidentielle, ou comme le feraient des structures comme « l’usine à trolls » d’Olgino mentionnée plus haut.

[9Ainsi, Marine et Marion Maréchal-Le Pen, Mishaël Modrikamen, Alain Soral ou Thierry Meyssan sont régulièrement invités.

[10La remarque est vraie pour énormément de sujets, notamment le conspirationnisme ou les discours extrémistes ou radicaux qui ne rencontrent que peu de contradicteurs en ligne, faute de motivation, de temps ou de moyens de la part de ceux qui pourraient être tentés de le faire.

Illustration : Gustavs Klucis, Les brigades de choc du prolétariat mondial, 1933, détail.