Entre Malines et Tibhirine : comment peut-on être catho ?

Guillaume de Stexhe

Être catho, pour les médias comme pour la théologie conservatrice, c’est avant tout « appartenir à l’Église », super-sujet représenté par ses permanents et sa hiérarchie. La réalité montre aussi une autre logique : c’est d’abord participer à une histoire où la mémoire vive de « l’évènement Jésus » engage concrètement dans l’advenir d’une humanité réconciliée. Ce rapport croisé au Christ et à l’humanité est alors l’essentiel de l’être-catho. Il se vit au pluriel, et c’est ce qui « fait Église » : mais dans l’épreuve des différences, et selon des formules multiples de proximité et d’indépendance. Comment se situer dans ce réseau d’itinéraires et d’errances ? Entre la résistance au rêve d’une communauté des purs et les distances que peut exiger la responsabilité, les multiples façons d’être « catho », jusqu’à ne pas ou ne plus l’être, relèvent de parcours sans modèle et sans garantie.