Enseignement. Notre école s’est-elle démocratisée ?

Marce Crahay

En Communauté française, la démocratisation de l’enseignement entreprise dans les années 1979 et 1980 a été un échec. La réussite scolaire et l’accès à l’université restent principalement réservés aux enfants issus de familles aisées. Cet échec s’explique par l’idéologie de l’école sur mesure qui a augmenté les possibilités de choix d’options et de filières, choix qui se sont révélés préjudiciables pour les enfants de milieux modestes. Le système scolaire fonctionne en effet comme une succession de bifurcations qui relègue une partie des élèves dans les sections techniques ou professionnelles. Pour pallier cet effet, différentes mesures sont proposées : supprimer le redoublement en primaire ; créer un tronc commun dans le secondaire ; limiter le choix des parents en matière d’école pour éviter que les établissements scolaires soient les uns des écoles de riches, les autres des écoles de pauvres. La réforme du premier degré de l’enseignement secondaire, entreprise en 1995, a tenu partiellement compte des leçons du passé. Il semble opportun de les rappeler au moment où le gouvernement de la Communauté française remet le dossier sur la table.