Du tourisme de guerre au tourisme de paix ?

Delphine Lauwers
guerre, Première Guerre, centenaire, tourisme.

L’ancien secteur du front connu sous le nom de Saillant d’Ypres est un paysage mémoriel complexe. Ce fut l’un des secteurs les plus agités du front de l’Ouest et le théâtre de nombreuses batailles, dont celle si célèbre et meurtrière de Passchendaele. Passée bien malgré elle du rang de tranquille bourgade médiévale flamande à celui de symbole international d’un conflit d’un genre nouveau, Ypres se trouva, dans l’après-guerre, au carrefour de valeurs et volontés mémorielles diverses et parfois difficilement conciliables. Elles opposaient, d’un côté, la population locale et, de l’autre, l’Empire britannique avec les nombreuses familles des soldats tombés au champ d’honneur et dont les corps n’avaient pas été rapatriés. Se développa ainsi dans le Westhoek dont Ypres constitue le cœur, un tourisme mondial d’un genre particulier, marqué par le deuil et l’hommage aux morts.