Droit de vote des étrangers. Une question nationale

Donat Carlier
Idées-société.

Fin mars, la proposition de loi visant à octroyer le droit de vote aux
ressortissants étrangers a été rejetée par le P.R.L., le V.L.D., le
C.D.&V., la N.V.A. et le Vlaams Block au Sénat, scellant ainsi l’échec
définitif de ce combat au cours de cette législature. Avant de se lancer
dans quelque supputation sur l’avenir d’un projet énoncé il y a
déjà plus de trente ans, ceux qui pensent qu’il revêt un caractère
crucial ont intérêt à regarder de plus près les circonstances de cet
échec. De cet examen, ressort une question centrale : que cherchaient
à démontrer les partisans de cet élargissement du droit de
vote en agissant comme ils l’ont fait ? En l’occurrence : emprunter
un processus parlementaire sur une question aussi fondamentale
sans s’être un minimum assuré d’être en mesure de réunir une
majorité autour de leur proposition. Sortir de l’impasse dans laquelle
cette revendication se trouve suppose un minimum de prise
de conscience de ses liens avec la question nationale en Belgique.