Dans le miroir des familles afghanes

Peter Adriaenssens
migration, Asile.

Peter Adriaenssens est pédopsychiatre à la KUL, renommé grâce à la qualité de ses publications et à la qualité professionnelle et humaine de ses interventions. « Bekende Vlaming », il a été entendu et lu dans l’ensemble du pays en 2010 à l’occasion de la « Commission pour le traitement des plaintes pour abus sexuels dans une relation pastorale ». Pratiquant le « dialogical refugee care », il a aussi parlé d’abus en juillet 2013 à propos de la situation des enfants de la quinzaine de familles afghanes « sans papiers » qui avaient trouvé abri à l’église du Béguinage. À propos des traumatismes que leur ferait subir le renvoi vers un contexte de guerre et de violence, il avait conclu comme suit : « À vrai dire, nous devrions considérer ces jeunes comme nos futurs ambassadeurs. Or, ils auront plutôt à se souvenir de ce que les normes et les valeurs occidentales signifient dans la pratique. Plus tard, ils se souviendront de la brutalité de notre système, ce qui risque d’alimenter ultérieurement le cycle de violenceh [1] . » Les familles avaient cependant quitté l’église, la plupart pour des centres ouverts. Elles bénéficient provisoirement d’une situation officieuse de tolérance, sans statut lié à une acceptation de leur demande d’asile. À la mi-aout, certaines viennent d’être déboutées de leur demande d’asile et se sont réinstallées à l’église du Béguinage. Que signifie cette trajectoire pour les familles concernées ? Et, de proche en proche, qu’estce que cette histoire révèle de notre société ?